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2021/10/23 (土) 18:02~2021/10/30 (土) 17:11

Updated: Dec 1, 2021

2021/10/23 (土) 18:02 

Comme s'il avait enregistré avec trente ans d'avance son propre requiem, un peu comme ces anciens Egyptiens de la basse époque qui faisaient peindre à la trentaine le portrait, entre mélancolie et sérénité, qui resterait d'eux à l'heure de la mort.



2021/10/25 (月) 11:12


Cela ferait saigner des cœurs moins sensibles que les nôtres.


Ton image est digne de Chateaubriand. "Ils entr'oublient leur existence et chantent à voix basse une chanson de la mer, ils vont mourir."

Un autre enregistrement :



Tennstedt et Haitink me hantent. Des seigneurs d'hier, alors que les Currentzis ou Dudamel d'aujourd'hui sont incapables de voir le ciel avec des yeux d'enfant.

Le maître calme avait, comme Tennstedt mais dans un registre plus large, une intelligence suprême de la musique, et n'a quasiment jamais commis de faux pas.

Cela, pour moi, résume tout aussi :


C'est bouleversant. D'autant qu'Ax n'a jamais reçu la part de clarté qu'il mérite – musicien pour les musiciens comme on dit. Entre les étoiles qu'on oublie et celles qui partent l'actualité n'est pas réjouissante.



2021/10/25 (月) 20:26


Je reçois une dizaine d'opéras et d'opérettes avec Anneliese Rothenberger à l'instant. Je commence par Wiener Blut. Les distributions sont incroyables.

Pour toi :

J'adore. Quand reverrons-nous ce type de mise en scène ?

Allez, en clin d'œil à ton message :

D'une déesse, l'autre.



2021/10/25 (月) 20:43


Tu connais forcément ceci :




2021/10/26 (火) 9:32


Mon royaume pour le son du concert de 73 avec Haitink ! Et quel programme !

Söderström est superbe dans les Quatre ultimes merveilles. J'ai une anecdote amusante la concernant : appelée, toute jeune encore, à chanter sa première Marguerite au Met avec Björling, elle est nerveuse, ce qui se conçoit. Björling lui dit : pourquoi tu t'inquiètes, de toute façon ils viennent que pour moi !

Je suis sensible au délicieux Schmetterling de Lucia (dont je ne trouve d'ailleurs aucune trace de Butterfly ni d'Un bel di sur You Tube ni dans sa discographie, si jamais elle l'a fait à la scène elle devait être sublime dans cet opéra pour lequel tu sais la passion que j'éprouve). Oui, d'une déesse l'autre, nous croyons et pratiquons. Drôle comme Lucia illumina le cru de l'an dernier, et comme l'affriolante Anneliese (on comprend le tourment de Sou-Chong !) a pris le relais cette année. Michel Dens, que j'entendis là-dedans à la Gaîté-Lyrique à 14 ans, est comme tu le sais l'un des vecteurs de ma passion de l'opéra du fait du disque d'airs français et italiens en VF que possédait mon grand frère. La diction est monumentale, vraiment unique je crois. Cela fit de lui le Prince de l'opérette, le seul en France à briller dans les deux répertoires, le grand et le "petit". Mariano, Dassary, Guétary, Merkès et autres stars de l'opérette y restèrent prudemment cantonnés, et Tino Rossi n'avait pas vraiment le choix...


Dens chanta cela 2000 fois, comme (putativement) Tamaki[1] le fit pour Butterfly.

Ce genre de statistiques me laisse songeur, encore sont-ils loin de Yul Brynner qui s'appuya Le Roi et moi 4500 fois...

It's definitely a puzzlement !



2021/10/26 (火) 9:59


Te lire m'enchante chaque jour plus. Pour Dens, je suis un converti de longue date. Je t'épargne la coïncidence qui voulut que je l'entendisse chez mon grand-père qui se définissait comme un brocanteur – il disait broc' – de la musique. Ce que tu écris sur l'opérette est on ne peut plus juste. Le genre n'a plus été cultivé chez nous en dehors de quelques Offenbach. Tu imagines Wiener Blut au Châtelet ?

Rares sont celles et ceux qui ont su cultiver opéras et opérettes avec un égal bonheur (Gedda, Prey). Voici une autre voix à précipiter bien des Icare :



Brendel vénérait Haitink. De Pierre-Laurent à Haitink, il ne se trompe jamais.


Pour te (nous) consoler :




2021/10/26 (火) 13:35


Tu sais bien que nos conversations en musique "per me son necessarie più del pan che mangio, più dell'aria che spiro". Renate Holm : de quel recoin enfoui de mon passé fais-tu resurgir cette autre sirène ? Je ne cesse de m'émerveiller de ces plongées dans ce qui nous a constitués.

J'aurais dû m'en douter : le Faust de Björling, de Söderström (et de Siepi !), que je citais pour le plaisir de l'anecdote, est bien évidemment largement documenté sur You Tube, et il témoigne d'un âge d'or.

Le "Babbino caro" de notre divine Lucia est rien moins que miraculeux. Elle reste inégalable.

Comme nos échanges.



2021/10/27 (水) 21:41


J'avais une passion pour Liliane Berton, soprano léger à la diction cristalline qui, ceci explique sans doute cela, formait avec Dens un duo d'opérette célèbre.

Adorable Siebel...

...elle fut Constance à la création du Dialogue, dans cette distribution proprement miraculeuse.


Je ne connais rien de plus terrifiant que la mort de la Première prieure dans l'incarnation saisissante de Denise Scharley. Ne parlons pas de la qualité de la réplique qu'elle trouve chez Rita Gorr, comme d'une version féminine de la scène du Grand Inquisiteur.

Et que dire de Crespin dans l'air de la Seconde prieure ?

Insurpassables, mon cher Watson.



2021/10/28 (木) 14:25


Je suis allé y voir concernant Denise Scharley, dont je me passais autrefois avec enivrement l'air du premier acte de Sigurd. Quel alto mes aïeux !

Au fait s'agissant de Sigurd, mon regretté beau-frère Charles Level, l'immortel auteur des non moins immortelles paroles de La Bonne du Curé, disait que pendant sa jeunesse il voyait ça à l'Opéra de Toulon, et que Sigurd faisait traditionnellement son entrée à cheval.

Or, un jour qu'un metteur en scène iconoclaste (ou un directeur économe) avaient mégoté sur l'animal, les types du poulailler avaient fait connaître leur mécontentement en scandant crescendo : "Le cheval, le cheval, le cheval !". Je ne me souviens pas s'il avait fallu ou non interrompre la représentation...

Pour en revenir à Denise Scharley, sublime scène de la Comtesse dans La Dame de pique en VF.

Avec de tels moyens, une Ulrica d'anthologie dans Le Bal Masqué en VO.

Et avec un tel tempérament (et un tel grave dans l'Air des Cartes), quelle Carmen ! Peut-être bien la meilleure tout simplement.







Quant à sa Dalila, sa Charlotte et son Orphée...



Definitely underrated.


2021/10/28 (木) 20:27


Le Dialogue des Carmélites : effroi pur, et je parle en amateur d'épouvante.

J'ai à Paris un enregistrement de Sigurd. C'est assez remarquable, même dans un kitsch auquel Richard lui-même n'était pas étranger. En revanche, Denise Scharley, que j'identifiais comme une walkyrie pour aficionados est grandiose à entendre et belle à voir. Sous-estimée, snobée, quel dommage !


2021/10/29 (金) 16:40

Oui, du coup au chapitre des étoiles filantes, je suis aussi allé y voir pour Jane Rhodes, la proclamée Bardot de l'opéra qui défraya un temps la chronique lorsque Carmen passa en 59 de Favart à Garnier.

La scène finale avec Lance est impressionnante, la Carmen n'avait pas atterri là uniquement pour son look.

Je me souviens avoir vu gamin une reprise de ce capharnaüm, je n'ai pas réussi malgré tous mes efforts à retrouver sur le net en quelle année c'était. Jane Rhodes devait avoir passé la main ou être occupée ailleurs, c'était la grande Regina Resnik, une Carmen cosmopolite qui faisait alors escale à Garnier. Je me souviens de scènes de foules réalistes jusqu'au dernier bouton de guêtre, on n'avait pas comme à Toulon mégoté sur les chevaux, et la Carmen avait du chien !


2021/10/29 (金) 20:01

Tout cela exalte et porterait à avoir la tête au lyrisme. Je te réservais comme une botte viennoise :



Là aussi, wagon de tête. Et je ne vais pas aux raretés.



Mais tu devrais trouver du superbe, du frémissant, du baisse un peu l’abat-jour made in Géraldy. La rareté du jour, en pays d’opérette :




Ton semblable, ton frère.



2021/10/30 (土) 8:46


Tu sais qu'avec Ingeborg Hallstein tu fais vibrer chez moi une corde sensible.

Le Messager appelle une réplique de longtemps perdue de vue : c'est le bonheur de ce divin exercice que de faire remonter les délices oubliées.

Mais Gitta Alpár, dont la trajectoire est d'ailleurs un roman bien dans la manière du sinistre vingtième siècle, est la surprise du chef François !


2021/10/30 (土) 10:17


Le nazisme a détruit le patrimoine lyrique comme tout ce qu'il a touché. C'est à pleurer que d'écouter Alpár et de songer à sa carrière piétinée.



Berton est pure merveille.



2021/10/30 (土) 17:11


Oui, et j'en viens à me dire que nos Folies françaises, dont nous empruntons le titre à une suite de Couperin, est aussi comme le Tombeau de ces dieux et déesses injustement oubliés, qui trouvent une vie posthume dans nos souvenirs émerveillés, et dans ces modestes colonnes. C'est beau !

[1] Miura Tamaki (1884-1946) fut la première cantatrice japonaise (elle fut suivie de beaucoup d'autres...) à chanter Butterfly sur toutes les scènes du monde entre 1915 et 1935. Une tradition invérifiable (on ne peut compter que sur son propre témoignage) veut qu'elle ait interprété le rôle deux mille fois. Michel Wasserman lui a consacré une biographie critique, Le tour du monde en deux mille Butterfly (Le Bois d'Orion, 2000).

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