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2022/01/19 (水) 22:06~2022/01/27 (木) 7:28

Updated: Mar 23, 2022


2022/01/19 (水) 22:06


Giani Maffeo. Inconnu au bataillon. Forum Opera y voit une injustice majeure.

Le type, né en 36, vient de mourir. Il a fait une belle carrière italienne et internationale, mais il a été constamment barré par Bastianini d'abord, Capucilli et Bruson ensuite. À en juger par ce qu'on entend, les autres auraient pu aussi bien lui manger dans la main. Tu m'en diras des nouvelles.


O de' verd'anni miei

Nemico della patria

Alla vita che t'arride

Urna fatal



2022/01/20 (木) 9:40


Les ennemis de la patrie ne peuvent noyer pareil génie.

Dans nos hommages aux chers disparus :


William Cochran



Avec Bernstein dans la Solemnis


Et chez les Dieux du Valhöll :



2022/01/20 (木) 20:46


Encore l'un de ces miracles qui ne nous étonnent même plus : "on ne répète pas pourtant", écrivais-tu un autre jour. Je mets au-dessus de tout dans mon Odéon personnel, comme le dernier Lied du Chant de la Terre, le Benedictus de la Solemnis, avec son solo ineffable de violon incarnant la descente de l'Esprit Saint. Or voilà que je trouve sur You Tube un live de Moscou 1988, avec, tiens-toi bien, ton vénéré Dorati, parmi les solistes William Cochran, et au violon Thomas Brandis, que je fis venir à Kyoto pour la première édition du festival thématique que je réussis, contre vents, marées et autres croche-pattes, à programmer cinq ou six ans pour la Municipalité autour de l'année 2000. Pierre-Laurent fut de la seconde édition (Messiaen) en 98.

En 97 on tournait autour du premier romantisme allemand, du Sturm und Drang à Schubert. Zacharias donna le concerto en ré mineur de Mozart, Brandis le Concerto de Beethoven avec sa sonorité apollinienne de premier violon devant l'Éternel version Karajan, et Hans Zender, prévu, ayant finalement décliné l'invitation pour je ne sais plus quelles raisons bonnes ou mauvaises, j'avais fait appel sur la recommandation de l'agent de Zender à un chef mêlé de musicologue autrefois transfuge de la RDA, Peter Gülke, qui donna notamment l'Andante de la Dixième Symphonie de Schubert, qu'il avait reconstitué sur la base d'esquisses trouvées sur le lit de mort du compositeur. "La pièce, au rythme de marche mesurée, avait des résonances pré-malhériennes", écrivais-je dans Mozart à Kyoto [1] . Avec quelle émotion, puisqu'on trouve absolument tout sur You Tube, je la réécoute aujourd'hui pour la première fois depuis vingt-cinq ans, gravée par Gülke à Dresde avant qu'il ne quitte en 83 la DDR. https://www.youtube.com/watch?v=x1DeLb3o3Zk

Souvenirs...


2022/01/23 (日) 17:40


Après nos saluts aux immortels, j’ai lu que l’OdP avait programmé ce chef-d’œuvre avec des voix russes de luxe :



Faute de grives, je me suis enchanté à écouter ceci :

superbe, et Petrenko fait honneur à cette pièce enchanteresse.




2022/01/24 (月) 9:16


Ça devient du délire, mon cher François. Question : qui a créé les trois mouvements de la Seejungfrau en 84, après qu'elle ait été considérée comme perdue ou détruite par le compositeur ? Je te le donne en quatre, je te le donne en dix, je te le donne en cent. Réponse : Peter Gülke !!!

Je note par ailleurs avec surprise en considérant la couverture du disque de Petrenko que Schreker a tiré un ballet de l'Anniversaire de l'Infante d'Oscar Wilde, soit le matériau du Nain de Zemlinsky. J'y reviendrai.


Je suis tombé la nuit dernière, à la suite d'un cheminement sans intérêt, mais où l'insomnie a sa part, sur la pure merveille qui suit. La langue est admirable, l'esprit étincelant. On mesure la décadence qui est la nôtre par rapport à ce dix-huitième siècle attardé à l'époque romantique. Le metteur en scène en moi rend les armes, les acteurs sont formidables, Marianne Denicourt éteignant de toute façon chez moi toute prétention à l'objectivité. Enjoy.



2022/01/24 (月) 10:14


La Khovantchina sera sans nous hélas !


Nous en avions souvent devisé jadis: Zemlinsky est un maître ignoré qui m'enchante. Des Quatuors à cordes au Nain. Une âme proche de Stefan Zweig.


Quant à Gülke... ses écrits, sa direction d'orchestre : tout est pensé à la mesure près.




2022/01/24 (月) 15:43


Gülke fut de fait une merveilleuse rencontre, tant humaine que musicale, et lorsque quatre ou cinq ans après je préparai Le Sacre de l'hiver [2] , comme il avait dirigé, juste après avoir quitté la RDA en 83, les Neuvièmes de fin d'année de l'Orchestre de la NHK, je l'interrogeai par lettre sur son expérience et il me fit en allemand cette magnifique réponse, que je traduisis et intégrai en annexe à mon livre : " [...] Dans la familiarité des musiciens avec la musique de Beethoven (le concert comportait également la symphonie No 46 de Haydn), je ne ressentais en rien cette étrangéité que l'on éprouve si souvent lorsque la musique européenne est exécutée dans un pays imprégné d'une tradition culturelle spécifique et profondément ancrée. Non que je veuille prétendre qu'il n'y ait pas étrangéité. Quand on vient au Japon et que l'on tient à s'ouvrir aux formes de vie et aux traditions locales, on constate que les limites tiennent moins à l'acquisition des connaissances qu'à la capacité de s'assimiler la sensibilité japonaise. De la même manière que l'on se sent dépassé et honteux devant la disponibilité des Japonais à s'approprier et à travailler ce que l'on apporte avec soi du cercle culturel lié en l'occurrence à Haydn et à Beethoven. En vérité, alors que je souhaitais me donner tout entier au Japon, j'ai éprouvé profondément que les musiciens, les chanteurs et le public de ce pays comprenaient infiniment mieux ma propre culture que je n'étais préparé à comprendre la leur".

2022/01/26 (水) 7:24


Pour le pur plaisir, le superbe Nocturne du Ferne Klang de Schreker, et le capiteux Prélude, sans doute sous influence, de la Violanta du tout jeune et génial Korngold.

On en revient décidément toujours à ces fleurs vénéneuses des années 10 et 20 du siècle. Curieux que Schreker et Zemlinsky se soient l'un et l'autre inspirés de l'Anniversaire de l'Infante. Mon pote Jeanneteau (l'un des rares metteurs en scène pour lesquels j'éprouve une admiration constante) a donné voici quatre ou cinq ans Le Nain à l'Opéra de Lille. L'inspiration étonnante du ballon, éclairée comme toujours de façon sublime chez ce scénographe passé à la mise en scène par sa collaboratrice Marie-Christine Soma, laisse un souvenir ébloui (de 5'00 à 7'10").


2022/01/26 (水) 16:16


Certes, on pourrait comme avec Humperdinck, dire que c'est de l'excellent second rayon, mais – en dehors de Korngold vénéré – tout le reste me séduit à hauteur souvent égale et, à dire vrai (mais je prêche un converti), plus que Schönberg avec cette musique qui oscille entre Weber, Wagner et Strauss. C'est très beau. Comme un dernier tour avant l'abîme et un renouveau musical qui, pour ne pas m'horripiler pour tout, ne m'a jamais emballé autant qu'un certain jazz (Blue Note, le grand Miles).



2022/01/26 (水) 22:25


De Korngold certes de nous vénéré, ce disque de raretés, From the operas of Erich Wolfgang Korngold, que je chéris depuis bien des années.

La jeune Janowitz y est (bien entendu) merveilleuse dans Der Ring des Polykrates,

Ilona Steingruber chante le délicieux air de la lettre dans "Die Kathrin",

et surtout, surtout, malgré de piètres conditions d'enregistrement, Korngold soi-même dirige en 49, l'année du funeste retour à Vienne, les deux "tubes" de Die Tote Stadt : superbe Alfred Poell dans l'air de Pierrot,

et Mariettaslied avec Steingruber et surtout l'immortel Dermota, qui renvoie les Kollo et les King à leurs chères études dans Paul.


2022/01/26 (水) 23:49


Voilà un disque qui ne m’est pas inconnu. Toute cette musique a une force lyrique incomparable. Le père aurait aussi donné bien des leçons aux précieux ridicules et aux petits folliculaires.


Ilona Steingruber : de l’Autriche musicale, rien ne lui aura échappé ou presque, même si la toile garde trop peu de traces. Dermota comme une drogue faisant oublier des rivaux eux-mêmes dignes de tous les éloges.



Ce n’est pas être scrogneugneu que de l’écrire, comme pour les écrivains russes, il y a un âge d’or, puis un autre d’argent – autant s’arrêter là.

2022/01/27 (木) 7:28


Tu as raison, c'est inimaginable ce que Steingruber a enregistré (jusques et y compris sous la direction de Boulez !), jusqu'à cet autre et ineffable Abschied qu'est Ich bin der Welt, d'ailleurs répertorié fautivement sur la nomenclature You Tube :

S'agissant de Dermota, bien entendu (et je m'en veux de ne pas avoir, comme j'y avais songé, ajouté une concessive), ni Kollo ni King en effet n'ont démérité, mais que peut-on faire contre le génie ? Il mérite un petit florilège, difficile à dresser tant on voudrait tout citer de ce legs admirable et de ce timbre unique, comme entre chien et loup :

Il mio tesoro

Gott ! Welch Dunkel hier

Nein, länger trag ich

In fernem Land

Winterstürme

Pourquoi me réveiller

Kleinsack

Wanderlied

脱帽[3].



[1] Mozart à Kyoto (Les Indes Savantes, 2008) est un livre de souvenirs de Michel Wasserman. [2] Dans Le Sacre de l'hiver (Les Indes Savantes, 2006), Michel Wasserman décrit et analyse l'engouement des Japonais pour la Neuvième Symphonie de Beethoven, considérée unanimement pour des raisons étranges mais identifiées comme une pièce d'hiver, et programmée jusqu'à plus soif au cours du mois de décembre dans tout l'archipel. [3] Datsubô (en japonais : chapeau !).

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