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2022/02/25 (金) 9:10~2022/03/09 (水) 21:21

Updated: Mar 23, 2022


2022/02/25 (金) 9:10


Jusqu'où nos passions ne vont-elles pas se nicher.


L’invasion de l’Ukraine par la Russie semble entraîner des remous jusqu’à la prestigieuse salle new-yorkaise du Carnegie Hall. Le célèbre chef d’orchestre russe Valery Gergiev, réputé proche de Vladimir Poutine, a été écarté à la dernière minute d’une série de représentations prévues ce week-end dans l’enceinte de spectacle.

Jeudi, la prestigieuse Scala de Milan a déjà demandé au chef d’orchestre globe-trotter de plaider publiquement pour une « solution pacifique » au conflit, en menaçant de se séparer de lui pour deux prochaines représentations de La Dame de Pique de Tchaïkovski, prévues entre le 5 et le 13 mars.




2022/02/28 (月) 18:48


Sombres temps. Vlad semble renvoyer à son lointain homonyme Vlad III l'Empaleur, prince de Valachie qui se télescopa à l'époque gothique avec le mythe de Dracula.

Horreur des temps. Je me replonge chez les maîtres anciens...




2022/03/01 (火) 11:40

Et avec quelle interprète, d'autant plus que sa voix n'était sans doute pas des plus phonogéniques, surtout avec les moyens techniques dont on disposait à l'époque. Strauss ne la considérait pas pour rien comme "die treueste aller Treuen", qui créa rien moins qu'Arabella et Cappriccio...

Pour se soustraire de fait durant quelques instants de grâce à l'horreur des temps.


2022/03/03 (木) 18:27


Je me suis jeté comme un mort de faim sur La Dame de Pique de Fedoseyev que tu m'as offerte, je ne sais comment assez t'en remercier. C'est au-delà du sublime. Un concert en live pour le jour de Noël 89, soit encore une génération après Khaikin. Ils sont tous en état de grâce. La direction est formidablement dramatique, Arkhipova bien entendu inégalable, ne parlons pas du jeune Hvorostovsky. Le ténor, inconnu de moi, est superbe, et la Liza (idem) à tomber. La chose inimaginable, vu ce que nous vivons à l'heure présente, est que c'est une Ukrainienne qui semble avoir ensuite été toute sa vie en troupe à l'Opéra de Lviv [1]. C'est à avaler ses larmes que de visionner ce que tu vas voir. Encore l'un de nos habituels miracles...


2022/03/06 (日) 11:42


Le disque Grieg est magnifique. Haugtussa, que je te dois (entre autres !) d'avoir découvert [2], est décidément un chef-d'oeuvre, comme une version féminine de La Belle Meunière, avec en prime cette ultime mélodie comme en écho au Baches Wiegenlied. Davidsen, que j'ai écoutée avec émerveillement, s'inscrit à bon droit dans une tradition pourtant encombrée de légendes...


Encore merci.


2022/03/06 (日) 17:43


Précédée par Kirsten la grande, Davidsen tient bien la route. Andsnes aussi que j’aime beaucoup. Je n’ai malheureusement jamais eu l’occasion d’entendre en concert cette offrande musicale et poétique. Le disque de Von Otter reste un de mes préférés. Il faudra dans nos recherches s'interroger sur ces bataillons nordiques – Norvège, Suède, Finlande – qui ont quand même donné à notre passion plus d'une héroïne et d'un héros. Si Davidsen ne se perd pas, Stemme a son héritière. Ce disque de Grieg est un appel et pour une première réponse :



Autre voix un peu oubliée mais nous sommes-là.



2022/03/07 (月) 8:23


Våren, le monument qu'elles ont toutes chanté, nos déesses du nord, Kirsten bien sûr, et la plus marmoréenne de ses dauphines :

Mais Kari Løvaas, que je découvre grâce à toi, ne démérite nullement, et j'aime à lire sous ta plume que sa voix est un peu oubliée mais nous sommes là. J'aime en effet, et pardonne-moi de me citer, que "nos Folies françaises, dont nous empruntons le titre à une suite de Couperin, sont aussi comme le Tombeau de ces dieux et déesses injustement oubliés, qui trouvent une vie posthume dans nos souvenirs émerveillés, et dans ces modestes colonnes" [3].

Qui n'a rien à voir (quoique...), et pour en revenir à la Dame : en surfant sur le net, je prends conscience de ce que la création anglaise (London Opera House, 1915) fut concomitante à la Butterfly londonienne de Tamaki [4], et en fait organisée par le même Vladimir Rosing qui fut l'un des grands ténors russes de son temps après avoir rêvé d'être... une basse et de chanter le Mefisto de Boïto !

Difficile en effet d'imaginer que les deux extraits suivants sont interprétés par le même chanteur :

Âge d'or.


2022/03/07 (月) 15:48


Une courte pause pour écouter cette version qui, à plus de soixante ans, n’est pas mal non plus même si l’interprète me fascine peut-être un peu moins avec son hiératisme métallique :



Tout de même on reste chez les Déesses et les Dieux. Stemme a aussi chanté Grieg mais je n'en trouve pas trace.


Je te joins un bonus – je suis un grand admirateur de ce pianiste et je n'ai pas encore écouté son dernier disque mozartien :




2022/03/07 (月) 21:58


Voici donc un avant-goût du disque Mozart d'Andsnes, qui donne certes envie d'en savoir plus, c'est superbe !

De mon côté je creuse le sillon Rosing.

Le type est incroyable, George Bernard Shaw le mettait carrément au niveau de Chaliapine !

Et il ne craint pas grand monde dans le grand répertoire, comme d'un Caruso cosmopolite. Parlez-moi d'un baritenor !



2022/03/07 (月) 22:25


Merci. Cela donne de fait envie d'en écouter plus. Pour Rosing, je vais continuer à me documenter les oreilles.


Figure-toi que, la nuit dernière, entre deux sommeils j'ai pensé à un de mes poèmes préférés :

« Ozymandias» de Shelley. Persuadé, comme on l'est à ces moments, que Britten ou un autre l'avaient adapté, je n'ai rien trouvé.


Strauss et Korngold parachèvent pour moi le romantisme de Caspar David Friedrich – peintre vénéré – dont je crois toujours voir les œuvres quand j'écoute DFD et ses meilleurs élèves ou annonciateurs.


On pourrait aussi y lire le destin des despotes.



2022/03/07 (月) 22:40


Comme il faut rebondir vite, surtout aux idées, te souviens-tu de cette voix :



Admirable, non ?



2022/03/08 (火) 0:17


Mon dieu, de quel passé surcomposé remonte-t-il celui-là. J'étais parti sur tout autre chose, mais ce sera pour demain. Quel plaisir de le réentendre, on n'en fait plus, le moule est cassé !

Bonne nuit !



2022/03/08 (火) 6:51


Voilà ce sur quoi j'étais. Dans une Dame de 1995 au Met, dir. Gergiev, extraordinaire Tomsky de Nikolaï Putilin.

Je suis allé y voir. Le type est un phénomène.

C'est la dernière apparition au Met de Rysanek, dans la Comtesse bien entendu, après 36 ans de bons et loyaux services. Il y a une interview d'elle à la fin de la bande :

(à partir de 2 h 55' 23")

Le type lui pose un certain nombre de questions un peu convenues, parmi lesquelles, des 24 rôles qu'elle a tenus au Met durant quelque 300 représentations, quel est celui qui lui tient le plus à coeur. Je m'attendais à ce qu'elle réponde Elektra, Salomé, Tosca, l'Impératrice, que sais-je, et ce qui vint est "of course Senta", ce qui ne fut pas sans me surprendre. J'en étais resté à la fameuse raison invoquée par Welitsch pour refuser le rôle ("I am not a german peasant girl, I'm a sexy Bulgarian").

Soit. Ce qui me reste à jamais d'elle, tu l'as deviné.



2022/03/09 (水) 0:19


Ce sera long à expliquer – j'y arriverai – mais de fil en aiguille j'arrive à Grace Moore :



Puis à ce duo bouleversant à tous les titres, deux destins brisés et tragiques.



Dans La Bohème de surcroît. Étoiles filantes et sublimes : cela ferait pleurer même les pierres.



2022/03/09 (水) 8:12


Ils sont épatants...

Ressuscitons-les de visu, puisque nous avons ce pouvoir, dans ce qu'ils surent si bien faire.



2022/03/09 (水) 14:01


C'est absolument merveilleux. On ne remerciera jamais assez ceux qui partagent pareilles fulgurances et redonnent une lueur d'immortalité à ces vies foudroyées.


Au vrai, c'est en faisant une recherche sur la musique anglaise à partir de John Shirley-Quirk que je suis tombé sur le nom de Moore dont je n'avais, à l'inverse de Schmidt, qu'un souvenir diffus (sans doute dans Sadie [5] ou quelque dictionnaire des interprètes).


Comme le chœur de King's Collège – indépassable – je cheminais vers notre grande Dea Abscondita, grande figure tragique et sans égale. Tu te souviens sans doute de la phrase de Bruno Walter qui disait avoir eu pour privilège de connaître "Kathleen Ferrier et Mahler... dans cet ordre."




La musique des folk songs anglais, inépuisable en richesses, y trouve son compte et même le grand Yeats :



Comme pour toi Princeton, mes années à Oxford furent initiatiques et, en dehors de mes lectures, me firent découvrir puis aimer la tradition du chant choral anglais et les écrins architecturaux qui souvent l'accueillent. J'ai l'impression d'y avoir vécu en des temps qui étaient encore reliés au passé – où alors, c'est que la distance des années me le rend poétique.


2022/03/09 (水) 17:23


Dieu sait si j'ai aimé Janet Baker dans cet air, le plus cher à mon coeur de tout Haendel, mais tu as raison, même à ce niveau je crains qu'il n'y ait pas photo avec la grande Kathleeen. Enfin, je veux me persuader qu'il y a de la place pour deux dans leur empyrée...


2022/03/09 (水) 17:51


J’aurais pu écrire, mot pour mot, la même chose : nous sommes incorrigibles. Les Sea Pictures avaient été une révélation au lycée. Notre empyrée est généreux. Kathleen Ferrier possède ce timbre unique qui emporte tout par l’émotion. Entre Walter et Britten qui écrit un opéra en pensant à elle, c'est un destin unique.



Mon goût pour Purcell, je le lui dois aussi en grande partie.


Sa partenaire n'est pas mal non plus :



2022/03/09 (水) 18:27


"Never sing louder than lovely "!

Devrait être inscrit en lettres d'or sur tous les frontons d'opéra !



2022/03/09 (水) 19:20

Grandiose !


Un autre spectre envoûtant pour nos bouquets de roses, sans oublier Purcell, Britten et Shakespeare :






2022/03/09 (水) 21:19


Oh la la !


Quel numéro !


2022/03/09 (水) 21:21


Les oreilles et la queue ! Sortie en triomphe.




[1] Pure merveille délirante. Prions pour qu'on n'aît pas à le reconstruire. [2] Voir Folies françaises 2021, 2021/11/01 (月) 19:47. [3] Voir Folies françaises 2021, 2021/10/30 (土) 17:11 [4] Voir Folies françaises 2021, 2021/10/26 (火) 9:32 et note 1 [5] Stanley John Sadie, musicologue britannique (1930-2005), auteur notamment de History of Opera (Norton/Grove, 1990).

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