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2022/09/15 (木) 13:09~2022/10/11 (火) 6:20



2022/09/15 (木) 13:09

De retour à Kyoto ce jour.

Revenant de Paris, l'impression de moiteur est infernale.

J'espère que tu ne t'es pas fait bouffer par les ours.

Rassure-moi.


2022/09/15 (木) 13:33


Quelle joie de te savoir rentré ! J'ai différé un deuxième passage à Shiretoko [1] et, pour me consoler de ton absence, sans grandes idées nouvelles, je me suis appuyé tout Sibelius.


Tu me raconteras ton périple français, ce qui m'éclairera pour le mien à venir. Je passerai par la Finlande comme tu le sais.


2022/09/16 (金) 8:29

Je ne passais en France (à Paris uniquement) qu'une dizaine de jours, soit bien peu pour y rencontrer les parents et amis que je n'avais pas revus depuis le début de la pandémie, parmi lesquels Pascal Rogé (je ratai hélas Pierre-Laurent de passage à Paris d'un cheveu).

Pascal me conseilla de me rendre à la Bourse de Commerce, vaguement relookée à l'intérieur par Andô qui ne fait qu'ajouter à la base du magnifique monument circulaire un cylindre (dont je peine à percevoir l'utilité) de son béton habituel. Pour le reste, on est en droit de penser ce que l'on veut de la collection Pinault, elle ne parvient pas à porter atteinte à la magie du lieu, avec cet extraordinaire (et piranésien) escalier à double révolution, destiné autrefois à ce que les employés qui dans cette ancienne Halle aux Blés montaient les sacs de grain et ceux qui les descendaient ne se gênent pas dans leurs évolutions.


2022/09/18 (日) 16:11

Formidable Comte Ory de cet été à Pesaro. "Samedi à l'opéra" m'a fait passer un excellent dimanche !

L'Isolier est une superbe révélation. Rien ne lui manque...

Avec Florez en directeur artistique [2], Rossini est entre de bonnes mains.

Quels aigus mes aïeux ! Un champion du monde ?

Au fait, tu as décidé pour Paris via Helsinki ? Cet agréable voyage sibélien fait rêver.

On en repartirait presque !


2022/09/19 (月) 1:25


Je te retrouve en grande forme.


Je te raconterai la genèse d'un petit opus sur le Japon des ours – présents mais occultés – et des loups exterminés mais vénérés, qui serait, à ma manière, un hommage à Lévi-Strauss, au fond presque à Claudel avec la bête entr'aperçue de Senjôgahara [3]. En réalité tout est parti du « Lokis » de Mérimée. Une longue nouvelle que – honte à moi ! – je n'avais jamais lue. Ce qui me permet deux curiosités ursines :




J'ai prévu Helsinki pour éviter le vol trop long. Apparemment, tu n'en as pas – trop – souffert. Sibelius vaut bien un détour.



Je connaissais Florez, désormais à de nouveaux sommets, mais Kataeva, non : formidable.


2022/09/19 (月) 3:46

Au milieu de ma nuit, comme d'habitude, et avant que de te lire au matin.

Décidément elle a tout, et même un peu plus. Elle chante six Carmen au Hamburg Staatsoper entre le 22 septembre et le 9 octobre. Elle donne envie de voyager.



2022/09/19 (月) 18:15

"L'ours les a trouvés, l'ours les a mangés !" : Giraudeau (et Boulez au piano ?!) sont sublimes, et j'attends avec impatience ton étude ursine !

Quant à moi, toute honte bue, j'ai découvert grâce à toi Lokis, et c'est d'ailleurs la seconde fois cette année que Mérimée me laisse coi : cherchant en prolongement de nos Folies une traduction française de l'original de La Dame de Pique, je découvris en effet que ce phénomène (slavisant, arabisant, que sais-je), non content, amant fugace de George Sand, d'avoir découvert la Dame à la Licorne, parrainé Viollet-Leduc et écrit (notamment) Carmen, Colomba et Le Carrosse du Saint-Sacrement, était l'auteur de la plus courante version française de La Dame, toujours publiée dans Le Livre de Poche. Certaines vies sont bien remplies...

Journée délicieuse. Par pur (et reconnaissons-le divin) plaisir, je me suis livré à une petite recherche sur les larges emprunts que le Comte Ory (Opéra de la rue Le Peletier 1828) fit au Voyage à Reims (Théâtre Italien 1825), une curiosité musicologique bien servie par le disque et l'enregistrement :

Lella Cuberli et Sumi Jo sont impériales dans le grand air de soprano :

Riciarelli et Florez dans l'air passé du soprano au ténor, dans les deux cas on n'est pas très loin du paradis :

Raimondi dans son immortel numéro de Fregoli des accents étrangers

et, comme par opposition, l'impeccable diction française de Michel Roux, un monde englouti du chant.

Enfin, le grand ensemble concertant (à quatorze parties dans le Voyage !), dont l'a capella initial et sa justesse chimérique a dû faire perdre ce qui leur restait de cheveux à quelques chefs :

Qui peut mesurer la joie qu'engendrent nos "menus plaisirs" ?


2022/09/21 (水) 7:15

J'avais, dans ma recension des pièces du Voyage récupérées dans le Comte Ory, omis un superbe duo.

Gimenez et Gasdia font merveille dans l'original.

S'agissant de la version française, je ne suis pas trop fana de Sénéchal et de ses nasalités, mais Renée Doria vaut qu'on s'y attarde, avec les moyens d'une Aida et l'agilité d'une Zerbinette.

À quoi tient que sa carrière soit restée strictement franchouillarde ? Moyennant quoi elle chanta tout, et enregistra pour des labels périphériques genre Véga. Je la (re)découvris avec stupéfaction quand on commença au début de (ce) siècle à sortir des compils. Elle était alors encore avec nous, n'ayant tiré sa révérence que l'année dernière, à cent ans et trois semaines au compteur. Elle aussi avait tout. Il paraît qu'on appelle ça une "colorature dramatique", elles ne doivent pas se bousculer au portillon... Je feuilletonne, le legs discographique (intégrales et airs séparés) est en effet écrasant et ne saurait faire l'objet d'une livraison unique, ce serait gâcher la marchandise. Elle pose déjà une candidature sérieuse à la starification saisonnière.


2022/09/22 (木) 7:42

On remet donc une louche de la Doria, et encore a-t-il fallu se livrer à une sélection frustrante !

Qui n'a rien à voir. La justice vient de classer sans suite l'affaire me too de la jeune Chloë Briot, qui reprochait à un partenaire ses attouchements dans... la scène de cul de je ne sais quelle pièce contemporaine ! Il y a toutes sortes de moyens d'atteindre à la notoriété, elle n'avait sans doute pas besoin de ceux-là : elle est belle comme le jour, son mezzo léger (elle se définit elle-même Dugazon [4]) est délicieux, et je crois (et j'en ai entendu quelques-unes...) n'avoir jamais ouï pareilles Ariettes oubliées.

N'ayons garde d'oublier son "Enfant" (et le Feu, la Princesse et le Rossignol de ta protégée Jodie Devos [5]) dans l'une de nos oeuvres de prédilection, distillée en concert par Mikko Frank et ses formidables instrumentistes du Philhar.

O tempura !


2022/09/23 (金) 0:28


Quel homme incroyable que Mérimée ! Je connaissais le russophile, mais moins le linguiste et le folkloriste qui, tout le prouve, était dans ces domaines un vrai savant. Une recherche bien trop hâtive me montre qu'il a aussi favorisé la traduction du Kalevala par Léouzon-Leduc [6]. Ce dernier échangeait des courriers avec Lönnrot [7] lui-même, correspondance dont Prosper prenait connaissance avec grand intérêt.


Traduire la Dame de pique, écrire Carmen, Colomba et Mateo FalconeLokis s’ajoute à la liste non exhaustive – relevait déjà du prodige. Ajoutons le piano...


Doria mérite tout de suite l'adhésion à notre panthéon : quatre décennies de sommets, c’est inégalé.



Une petite découverte par pur hasard dans un répertoire qui nous est cher :



Je découvre l'autre histoire... Madame Dugazon agressée sexuellement dans Le Roi Carotte puis dans L'Inondation. La Fontaine en aurait fait un conte. Sa voix mérite bien mieux que la convergence des luths.



2022/09/25 (日) 17:21

Impossible décidément de quitter la Doria.

Les intégrales enregistrées l'associent volontiers à Vanzo et à Massard.

C'est carrément triste à l'aune du présent d'écouter pareil âge d'or, présenté d'ailleurs le plus souvent, c'est un comble, comme une période noire du chant français. Faut-il tresser des couronnes à Liebermann d'y avoir mis fin ? À 96 ans l'an dernier, Massard toujours bon pied bon oeil en voulait encore férocement au personnage. Ne parlons pas de ce qu'il ajoute sur la toute-puissance actuelle du metteur en scène et du fatigant étalage de ses fantasmes sexuels, un air que nous ne connaissons hélas que trop...

(28'00"- 34'00")

Barbier

Manon

Faust


2022/09/27 (火) 10:04


J'ai fait un passage à Shinjuku hier où j'ai acheté un coffret de tous les récitals Philips de Hvorostovsky – deux disques écoutés sur onze –, que du bonheur dans un répertoire russe qui pour une partie ne m'est pas familier.



Massard est merveilleux de naturel. L'entretien est une petite révélation. Pour Doria, tout est merveilleux mais j'ai pris trop de retard pour me risquer aux trouvailles. Alors je reviens en arrière :



Quant aux déesses obscures :






2022/09/28 (水) 9:19

Tu as raison. Balguerie, Thill, Germaine Martinelli : la génération précédente n'était pas mal non plus ! Où sont donc passés ce naturel et cette diction miraculeuse ?

Faust

Damnation



2022/09/28 (水) 14:31


C'était ma petite contribution. Oui, où est elle partie cette diction ? Ni Massard, ni Crespin, ni tant d'autres noms chers n'avaient cette « prononciation contemporaine », malgré la première césure en 1950. Ensuite, je vois une rupture presque totale en 2000. L'anglais est plus constant, et le répertoire vocal repose sur d'autres articulations plus stables et surtout plus marquées, tout comme l'allemand et les langues nordiques. Je me demande si le décalage est aussi marqué avec l'allemand. Il me semble que la distance entre, mettons, DFD, Goerne ou Schuen n'est pas aussi grande. Quant à l'italien, véritable espéranto lyrique, je suis incapable de mesurer.



Je te mande un chef-d'œuvre oublié, du moins pour moi (on trouve d'autres versions sur la toile d'aragne dont Keilberth, mais difficile de résister à cette distribution) :



2022/09/29 (木) 6:26

Jubilatoire Barbier de Bagdad : j'ai passé grâce à toi une agréable soirée avec cet opéra-comique durchkomponiert [8] qui n'était pour moi qu'une vague référence, et dont je n'avais jamais entendu dans je ne sais quelle anthologie que le fameux Salam aleikum. On comprend que la chose se soit maintenue au répertoire dans les pays de langue allemande, tant, muni d'une simple synopsis, on accroche à la première écoute devant une si parfaite intégration du chant à un commentaire orchestral spirituel et coloré. Intense vocalité, assumée par un plateau de rêve jusque dans les utilités. Le premier ténor est singulièrement exposé, Schock y est (bien entendu) parfait. La jeune Jurinac est le charme incarné, Frick qui joue les montagnes russes dans un rôle vocalement terrifiant est tel qu'en lui-même, à jamais insurpassable.

En prime une douceur : le Lohengrin de Schock, décidément ténor tous terrains.



2022/10/02 (日) 9:45

Un petit retour sur Le Barbier de Bagdad. Quels que soient les mérites de la jeune Jurinac, notre divine Lucia reste incomparable.

Il faut dire que le répertoire de l'opéra comique allemand va particulièrement bien à son délicieux soprano fruité.

Schönen Sonntag !


2022/10/04 (火) 0:49


Je pars pour Helsinki (arrêt rapide) puis Inari [9] le 20. La maison de Sibelius avant le retour à Paris.


Lucia transforme tout en or.



Pour les nouveautés norroises :



Autre détour norvégien. Le mieux n'étant pas l'ennemi du bien, le fan de Mbappé que tu es ne doit pas bouder Haaland. Je n'aime pas City, mais la leçon donnée à United hier fait frémir. Génie pur. Trois coups du chapeau en trois matchs à la maison.


2022/10/04 (火) 6:38

Je suis tombé sur ton mail in the dead of my night. Le quatuor de l'Enlèvement, dans ce disque chéri depuis tant d'années et qui réunit autour de l'immortel Gedda et de l'inégalable Frick nos deux déesses, m'a fait venir les larmes aux yeux. Jamais on ne retrouvera ça, jusqu'à Unger, Pedrillo exceptionnel et dont je suis allé chercher sur le net d'autres merveilles.

Je n'oublie pas que le duo Lucia-Frick fait partie de mon barda pour l'île déserte. Je te poste déjà ça.

À + pour les choses du septentrion.


2022/10/04 (火) 9:07

Ainsi tu pousses jusqu'en Laponie. Que j'aurais aimé t'accompagner dans ce voyage sibélien et quasi sibérien. On en a pour une bonne dizaine d'années à chanter les mérites et à se livrer à l'étude comparée de nos deux phénomènes footballistiques.

Pour l'heure, la bonne nouvelle pour le PSG est que Messi(e) s'est remis ès-qualités à marcher sur l'eau :


2022/10/05 (水) 7:05

Parlant de diction, je tombe sur cette curiosité (le son hélas est en capilotade, mais le temps semble vraiment retrouvé) qui me renvoie à cette grande dame que j'ai beaucoup écoutée autrefois (son admirable intégrale de Werther avec Thill).

Comment avons-nous pu jeter aux orties pareille tradition, mon pauvre François ?

Werther

Faust

Mignon

Manon

Ton voyage au nord du nord à l'avance me fascine. Je compte bien que tu me donneras l'occasion de te suivre à la trace, renouvelant ainsi un peu à l'est le délicieux voyage que je fis autrefois en chambre (et en rêve) à la proue du Hurtigruten !


2022/10/07 (金) 1:03


Je me retrouve accablé de tâches ingrates par ma propre faute. C'est la dernière fois que j'accepte de me traduire moi-même en japonais. Je n'ai jamais aimé l'exercice, maintenant je n'y arrive plus, alors qu'écrire directement dans une autre langue – l'anglais ou le japonais – ne me gêne pas. J'enrage d'avoir dit oui.


Peu de temps pour la musique, hélas. J'ai dû écouter une bonne vingtaine de fois Reynaldo et Ninon. C'est une bouleversante révélation. La prise de son ne fait qu'aviver les regrets. On pleurerait pour moins.


Une micro-découverte en réécoutant le Così dirigé par Böhm :



Et pour le Frison nocturne :




Pendant que nous recherchons nos folies et rêvons de Berlioz et Sibelius, la France reçoit un nouveau Nobel après Modiano. Je n'en dis pas plus. Je ne crois pas me souvenir t'avoir entendu mentionner cette autrice, que dis-je cette auteure, mais j'ai là peut-être la mémoire qui flanche.


2022/10/07 (金) 5:40

Quelle étrange entreprise que de se traduire soi-même. Si j'en avais jamais eu la moindre velléité, Tsuiki [10], dont j'ai eu à plusieurs reprises ces dernières années l'occasion d'admirer la fanatique exactitude à rendre ma prose emberlificotée, m'en aurait passé le goût. Que traduis-tu ?

Ernaux ? Mais c'est formidable. Je l'apprends par toi. J'ai toujours pensé que des gens comme elle (ou comme Échenoz) faisaient (sur)vivre une certaine éthique de la littérature. Et puis j'avais beaucoup aimé en leur temps Les Années, même si j'avais eu le sentiment qu'elle nous refaisait le coup des Choses de notre maître à tous. Et tu imagines notre tête si le Prix Lebon avait été attribué à la Fille de Madame Angot ou à la bouffonnement prénommée Virginie Despentes ? Nous ne perdons peut-être d'ailleurs rien pour attendre.

J'ai toujours pensé que Hotter avait quelque chose que les autres n'ont pas. Dans son genre aussi Wunderlich pour le coup le bien nommé, dont je pleurerai à jamais la disparition prématurée.



2022/10/07 (金) 6:07

PS Je prends conscience à retardement que l'extrait que je viens de t'adresser provient probablement de la bienheureuse souscription, comme on disait à l'époque, dans laquelle je découvris à l'adolescence le Maître des Maîtres...

2022/10/07 (金) 10:50


Quand Hotter a chanté le Hollandais, le public du Met s'est levé de délire. Varnay aurait fait le même effet en Ortrud à Sadler's Wells.



Je traduis un texte que j'ai écrit pour une exposition d'art japonais. Médiocre tartine, fastidieuse tâche.


Quant aux lauréats du Lebon, un de mes préférés mérite que je t'envoie cet extrait :



2022/10/07 (金) 15:23

Les aventures de Bill au pays des Nippons sont grandioses !

Quant à Hotter et Varnay ? Restons-en à l'Acte II du Vaisseau, marions-les !


2022/10/08 (土) 0:57


Tu as sans doute déjà entendu cette merveille malgré cette expression

« re-pitched » qui m'agace :



Tant qu'on y est :




Parmi les âneries qui me font rire, une blague finnoise découverte aujourd'hui et qui rappelle la tournée de Bill au Japon. Un Finlandais et un Suédois se retrouvent dans un bar. Le second lève son verre et dit

« Santé ! » Le premier répond : « On est venu pour boire ou pour bavarder ? »


Je te laisse avec cette merveilleuse interview de Sam, sans e, pour la télévision suédoise après le Nobel :



2022/10/08 (土) 4:27

Silence éloquent du grand Sam.

Tu me pardonneras la banalité de ma réponse. Et qu'il soit quatre heures du matin n'est pas une excuse, tant je vis en décalage perpétuel.

Je note qu'il faut être un instrumentiste allemand pour garder son sérieux, et que par ailleurs c'est une version rapide de l'oeuvre puisqu'elle n'excède pas les trois minutes.

La distribution de la Salomé de 65 laisse rêveur : jusqu'à Wunderlich (à qui il ne restait hélas qu'une année de vie) dans Narraboth !

Je garde cela pour un moment de la journée de demain où je serai tout de même plus apte à goûter pareille viennoiserie.


2022/10/08 (土) 17:54

Prodigieuse Salomé : Silja a tout, Wunderlich est luxueux, Waechter monumental... et Stolze tel que je le découvris l'année de ta naissance, en canard à la broche dans le Carmina Burana de Jochum qui révéla l'oeuvre après vingt ans de purgatoire, Orff n'ayant pas été des plus clairs pendant certaine période.

Le grand Dietrich et Gundula brillèrent...

... et O Fortuna devint un tube mondial.


2022/10/08 (土) 18:50


Ces extraits laissent songeurs sur l’idée de progrès. Oui, Orff a eu des errements. Sa musique mérite tout de même, avec pareils interprètes, d'être entendue à nouveau après une période de saturation. Rieu fait peur, tout de même.


Bruckner a pâti longtemps chez nous d'avoir été le compositeur préféré de qui on sait. Je l'écoute rarement. Convoquons-le aujourd'hui pour le maestro que j'ai eu le plaisir de rencontrer souvent :



2022/10/08 (土) 19:36

Les Folies françaises me paraissent constituer un vivant plaidoyer contre la notion même de progrès en art (de l'interprétation en l'occurrence), et que l'adagio de la Septième de Bruckner ait servi de requiem radiophonique à Adolf n'en fait pas moins un ineffable chef-d'oeuvre, surtout dans le tempo majestueux adopté par le grand Sergiu.

2022/10/08 (土) 21:24


On ne saurait mieux dire. Sergiu, autre absent de marque qui mérite un retour. Son sens des tempi était, comme le piano de Gould, à la limite du scandale pour les uns, sur les cimes du génie pour les autres. Mais au fond, après les baroqueux et pas mal de fatrasies, le Canadien cinglé et le Roumain ami des sârs restent au premier rang.


On s'en tiendra à Bruckner. Je me demande si Richard II – l'une des plus belles pièces d'un autre Bill - n'est pas le seul que l'enclume wagnérienne n'a pas écrasé.






2022/10/09 (日) 5:55

Je sortais époustouflé par Silja, mais que dire de Goltz (parlons de diction), grandiose dans ce rôle des rôles qui doit quelque part révéler les chanteuses -sinon les femmes- à elle-mêmes. La confrontation avec le Jochanaan bien chantant (voir plus bas) est impressionnante, la scène finale à tomber (jusqu'au grave impossible sur "Todes"), et quel chef d'opéra que Keilberth, bien aidé par une Staatskapelle incandescente : ils devaient avoir faim dans tous les sens du terme après la guerre, dans une ville en ruines... et avant la RDA.



2022/10/09 (日) 10:14

Son Jochanaan m'a donné l'envie d'aller voir un peu du côté de Waechter : quel magnifique baryton !

Nozze

Don Giovanni

Tannhaüser

Faust

2022/10/10 (月) 15:39

Je tombe sur une Chauve-Souris du Staatsoper de 80 dans la tradition, c'est-à-dire sinistre à souhait (la gaîté auto-congratulatrice de Vienne m'a toujours filé des boutons) : rien n'y manque et surtout pas nos stars adorées (Lucia, Gruberova, Weikl, Fassbender), mais il y a un moment de grâce théâtrale absolue : le numéro prodigieux de Helmut Lohner dans Frosch à l'acte de la prison, à partir de 1h50' et des poussières. C'est beau comme Chaplin dans Limelight, je ne t'en dis pas plus.

En prime, le légendaire Papageno de Kunz, qui ne le cède guère à Lohner dans ladite scène, et ça n'est pas peu dire...


2022/10/11 (火) 0:04


C'est grandiose !

Quant au reste, le passage de la scène à la salle donne envie de relire Thomas Bernhard. Ce public en frac, permanentes et autosatisfait – aficionadeaux inclus – m'exaspère aussi ; même si j'ai vu en ces lieux de belles choses dont un Hänsel et Gretel.

Rire ne faisant jamais de mal :



L'œuvre elle-même m'évoque, à chaque fois, le souvenir du maître :




Une dernière bluette avec l'accent :



Jonas peut réviser.


2022/10/11 (火) 6:20

Ces deux-là m'enchantent, à peu près pour les mêmes raisons d'ailleurs : ils respirent et communiquent la joie de la musique. Les Strauss de Carlos sont proverbiaux, et les Mozart de Lenz tout simplement monumentaux.

Au fait, pas une nana dans le Radiosymphonique de Stuttgart en 70 (à seconde vue si, deux ou trois, perdues au fond des pupitres de cordes). Sans doute pas mal de survivants, j'espère pas trop nostalgiques, d'une certaine époque qui semblent apprécier modérément les digressions et paraboles de l'extra-terrestre qui ose songer devant eux à réaliser ses rêves.

Frühlingstimmen

Unter Donner und Blitz

Madamina

La ci darem la mano

Non piu andrai

Aprite un puo gli occhi

La mia Dorabella

Il core vi dono

Der Vogelfänger

A un dottor


[1] Voir Folies françaises été 2022, 2022/08/10 (水) 8:23~2022/09/01 (木) 9:03, note 32. [2] Du Festival Rossini de Pesaro, ville natale du compositeur. [3] Voir Folies françaises été 2022, 2022/08/10 (水) 8:23~2022/09/01 (木) 9:03, note 21. [4] Du nom de Louise-Rosalie Lefebvre dite Madame Dugazon (1755-1821), célèbre interprète qui a donné son nom à cette catégorie vocale. [5] Voir Folies françaises 2020, 2020/05/15 (金) 8:35. [6] Le Kalevala : épopée nationale de la Finlande et des peuples finnois. I, L'épopée / traduit de l'idiome original, annoté et accompagné d'études historiques, mythologiques, philologiques et littéraires par L. Léouzon Le Duc, Paris, Librairie internationale, 1867 [7] Elias Lönnrot (1802-84), auteur du Kalevala, épopée nationale finlandaise (1835). [8] Sans césure entre les divers numéros. [9] Cette municipalité de l'extrème-nord de la Finlande, aux confins de la Russie et de la Norvège, constitue le centre de la culture same. [10] Kôsuke Tsuiki (1968-), psychanalyste, Professeur à l'Institut de recherches sur les sciences humaines de l'Université de Kyoto.

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