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2023/03/23 (木) 18:16~2023/04/06 (木) 6:54



FOLIES FRANÇAISES PRINTEMPS 2023

Michel Wasserman - François Lachaud


2023/03/23 (木) 18:16

Pot de bienvenue hier soir des profs de l'Académie de Kyoto [1] : manifestation annulée en 2020 pour cause de pandémie, organisée par deux fois online en 2021 et 2022, bref l'Institut hier soir jouait les Hôtels de Guermantes, tout le monde ayant d'un coup pris quatre ans. Les plus chenus de ceux de 90 ayant depuis longtemps rejoint les prairies éternelles et leurs cadets ayant décroché, ne restent de cette haute époque que les frères Pasquier, dont j'ai déjà eu l'occasion de te dire les concerts ineffables qu'ils nous donnèrent autrefois en marge du concert d'ensemble des professeurs : en duo à京都府立文化芸術会館[ 2], notamment pour cet admirable Mozart,

et puis bien entendu, pour les dix ans de la manifestation, dans la merveilleuse Concertante avec l'Orchestre de Kyoto.

Parmi les "petites histoires" de l'Académie (tu n'auras pas oublié -de toute façon tu n'oublies jamais rien- l'épisode du saumon mariné de Christiane Eda-Pierre [3]), celle-ci, qui me revient. Ce devait être la deuxième année, et le responsable (?) de la rubrique culturelle (en général un journaliste particulièrement catastrophique) de l'Asahi local, qui nous sponsorisait, me demandait de lui indiquer l'un de nos participants qui pourrait servir de porte-enseigne dans son article d'avant-première à cette édition. Je hasardai Bruno, le plumitif nota, puis me demanda quel instrument jouait l'intéressé. La troisième question me laissa interdit : 「ヴィオラって何ですか」[4]. Je dus probablement balbutier que la chose était plus grave qu'un violon et plus aiguë qu'un violoncelle...

Dans nos propos agréablement arrosés d'hier soir, la superbe histoire de Roger Bourdin, le flûtiste, qui faisait ce qu'on appelle apparemment en argot de métier un "phono", c'est-à-dire qu'il allait cachetonner dans les studios d'enregistrement de musique de variétés. Poussant selon Régis une porte aux studios Davout, il se retrouva par hasard face à Dutronc qui mettait alors en boîte Paris s'éveille, et qui lui demanda d'improviser sur la maquette. Le fameux solo de flûte fut ainsi réalisé sans la moindre préparation en une prise, de chic, sans partoche, sans rien. De retour chez moi, j'ai trouvé sur cet exploit légendaire le petit clip suivant :

Ce qui est amusant est que les trois témoignages (celui de Régis, celui de Dutronc et celui de Bourdin lui-même) sont tous un peu différents, mais ça n'a strictement aucune importance et ça permet de redécouvrir ce vieux tube avec des oreilles neuves, et de se se rendre compte qu'il est d'une fraîcheur formidable, d'un pouvoir d'évocation inaltéré, et que c'est toute la jeunesse de ton vieux pote.


2023/04/02 (日) 18:39


Une curiosité hier en conclusion du concert final des profs de l'Académie, la transcription par le cher vieux Darius lui-même de sa Création du Monde pour quintette avec piano : il n'avait décidément pas perdu son temps à Rio ni à Harlem !

Et ce matin, avant le concert d'élèves, dans la salle encore vide, a royal treat : la répétition, à l'intention de Régis et de ton serviteur exclusivement, de la sixième suite de Bach, que Henri Demarquette doit donner à la salle Cortot dans une quinzaine de jours.

Pur bonheur.


2023/04/02 (日) 21:07


Je rentre après-demain et une escale à Helsinki. Peu de musique hors Sibelius, les deux Richard... et ceci :.



2023/04/02 (日) 23:50

Il y a parfois entre nous une alchimie qui me trouble, mais là cela dépasse l'entendement, Claudel se serait déjà mis à genoux : au cours de la conversation à bâtons rompus qui suivit son exécution (sublime) de la Sixième suite (un cadeau royal comme je te l'écrivais), Henri Demarquette nous disait en effet ce matin va savoir pourquoi, à Régis et à moi, que pour lui l'enregistrement de référence de l'oeuvre reine du répertoire de son instrument était... le Fournier-Szell, que je m'apprétais donc en rentrant chez moi à aller chercher sur You Tube : tu peux imaginer ma stupéfaction en cliquant sur ce que tu m'envoies. Je constate d'ailleurs, ce que je ne pouvais imaginer, que l'orchestre est le Philharmonique de Berlin, avec qui Szell n'est guère lié a priori, j'avais plutôt l'image mentale d'un orchestre du "nouveau monde", Cleveland ou Chicago. Je me félicite d'ailleurs, en écoutant la chose au moment où je t'écris, d'avoir demandé à Demarquette les raisons de sa prédilection pour cet enregistrement : il considère qu'au delà de la qualité de l'exécution des uns et des autres, soliste, chef, instrumentistes, il apprécie particulièrement l'intégration du violoncelle au discours orchestral, comme s'il s'agissait (c'est moi qui commente) plus d'une symphonie avec cello principal que d'un concerto.


2023/04/03 (月) 0:37


J'aime de fait, sans ces expertes connaissances, cet enregistrement plus que tous les autres, quant à l'œuvre et ses interprètes, la moindre remarque serait de trop.

Rare est en effet cette verve symphonique où les instruments sont parfaitement intégrés.


2023/04/06 (木) 6:54


Décidément, plus j'avance en âge (et cela prend des proportions inquiétantes), et plus j'aime le bon vieux Darius. Sa transcription de l'autre jour m'a donné envie de revenir à l'original de la Création du Monde.

Je n'oublie pas en effet que le ballet avait été créé par les Suédois de L'homme et son désir [5]. Ce que Teshigahara [6] fait faire ici aux danseurs a sans doute peu à voir avec ce que proposait Borlin [7], mais il faut vivre avec son temps. Quand on entrait au Dansmuseet [8](où j'ai passé il y a une douzaine d'années une semaine enivrante de la mi-mars à compulser les archives des Ballets Suédois tandis que le lac charriait au dehors les blocs de glace qui venaient de se détacher avec la débâcle), on poussait la porte de l'ancienne banque dont le musée occupait la salle des guichets, et on était accueilli plein pot sur une scène factice par le décor reconstitué de Léger pour la Création, grandeur nature.


Inoubliable souvenir, comme un coup de théâtre.

[1] L’Académie de Musique française de Kyoto propose chaque année depuis le printemps 1990 classes de maîtres et concerts confiés à de grands pédagogues français dans les principales disciplines instrumentales et vocales. [2] Maison des Arts et de la Culture de la Préfecture de Kyoto. [3] Voir Folies françaises 2020, 2020/05/15 (金) 19:07. [4] "C'est quoi un alto ?" [5] Musique de Darius Milhaud sur un argument de Paul Claudel (1921). [6] Saburô Teshigahara, chorégraphe japonais né en 1953. [7] Jean Borlin, (1893-1930), danseur et chorégaphe principal des Ballets Suédois. [8] Musée de la Danse à Stockholm.

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