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2023/05/21 (日) 23:14~2023/06/27 (火) 15:16




2023/05/21 (日) 23:14


Mon pote Pascal, superbe hier dans le Cinquième de Saint-Saëns avec l'Orchestre de la NHK, dir. Fabio Luisi, son actuel directeur musical. Le feu d'artifice final met invariablement la salle à genoux.

Mon premier concert symphonique depuis le début de la pandémie, dans l'antre caverneux du NHK Hall. Pascal avait une demi-journée libre ce dimanche avant de reprendre l'avion du soir pour Paris. Je l'ai entraîné dans Yasaka Ginza [1], et de là au Musée Yumeji [2] pour qui je conserve un goût qui ne se dément décidément pas.

Je n'oublie pas non plus que je mis en français dans un lointain passé 宵待草 [3], dont la magique 李香蘭 [4] donne une interprétation sans doute insurpassable.


Toujours dans (l'autre) île de beauté, camarade ?


2023/05/22 (月) 21:06


Je rentre. Je t'envie cette folie musicale. Je me suis contenté, ne parvenant guère à dormir, de Tainan, des temples et du tapioca, du thé bleu [5] et des sanctuaires de Mazu [6]. Et puis, au karaoké :



Ça pose un bonze.


2023/05/24 (水) 1:50


Je viens d'acheter – le jour de mon arrivée à Taipei – Prism V du Danish String Quartet. Certaines nuits sans sommeil je me repassais la série entière des disques que j'avais, sauf le dernier dans mon iPhone. Je trouve l'ensemble épatant. J'ai pensé à Marcel nocturne entre deux dieux ursins diurnes.


Je te recommande cette aventure sans modération. Elle devrait faire des Strahlungen partout.


2023/05/24 (水) 16:57

Je ne les connaissais pas, j'ai écouté de leurs divers Prisms les échantillons que l'on peut trouver sur le net (presque exclusivement du Beethoven), ils sont superbes de fraîcheur et de transparence, dans ce son inimitable de chez Manfred [7], décidément "le plus beau après le silence". D'eux encore, les pièces populaires que je te poste me consolent, et au delà, de n'avoir pu retrouver les deux pièces de musique (vocale) traditionnelle qui m'avaient enchanté sur la bande originale des Banshees [8]. Je trouve très belle, et assez déchirante, l'histoire de ce violoneux solitaire, voyageant de village en village "and playing just for food, not for money, but to get something to eat". Un peu plus convivial tout de même que le Leiermann !

2023/05/26 (金) 18:48


Mon passé me rattrape au moment où je m'y attendais le moins. Le pianiste a en effet posté sur You Tube une énième reprise de ma première Voix Humaine (j'y épuisai successivement trois sopranos sur vingt ans entre 86 et 2006) dans la salle de récital de Bunka Kaikan [9] : les meubles sont hideux, le son limite inaudible, et elle saute carrément quatre pages au beau milieu ("Allô, j'entends de la musique"), le pianiste enchaînant imperturbablement et sans se planter, quel métier ! Le soprano (une mezzo dotée d'un contre-ut) avait du chien, c'était une de mes élèves niveau maîtrise quand je m'occupais de la formation des chanteurs en français à Geidai [10], et j'avais eu le malheur de lui dire qu'elle pourrait peut-être s'atteler quelque jour à La VH. Elle m'avait hélas pris au mot, je n'avais eu d'autre choix que d'assumer mon imprudent propos (je déteste l'oeuvre quand elle est donnée avec accompagnement de piano, de Poulenc soi-même pourtant et que d'ailleurs il jouait, il faut bien vivre), et c'est elle qui apparut sur un podium central dans la salle de l'Institut de Tokyo (avant qu'il ne soit rendu scéniquement inutilisable par une rénovation insensée, une de plus), tandis que les spectateurs (qui étaient surtout des spectatrices) considéraient à leur entrée "avec une crainte diffuse et une gène palpable cette étrange créature inanimée, à moitié dénudée dans sa combinaison de soie rose" (Mozart à Kyoto) [11].

Le pianiste et elle avaient ensuite promené la chose des années durant en sucrant impitoyablement la quasi totalité du prologue avec sonneries de téléphone et en procédant en implantation frontale (la plupart des salles institutionnelles ne laissaient de fait pas d'autre choix), ce qui ôte au spectacle le peu d'intérêt qu'il présente. Bienheureuse capacité d'oubli, je n'avais gardé strictement aucun souvenir de cette représentation donnée dix ans après la première. Je constate que j'y apparais toutefois in fine, sans doute exaspéré par ce à quoi je viens d'assister, mais ne manquant pas de faire comme disait Sacha Guitry à la fin de tel spectacle : "Allons complimentir les comédiens".

Ne perds surtout pas ton temps, et le peu de crédit que tu m'accordes, à visionner cela. Je me borne à te le poster pour mémoire, toute honte bue.


2023/05/26 (金) 21:05


Les Danois prismatiques sont un bel exemple pour illustrer qu'en musique le tout est meilleur que la somme de ses parties.


Quant à Mozart à Kyoto c'est un pur chef-d'œuvre. J'écouterai donc.


2023/05/27 (土) 0:23

Tu es trop gentil. Du coup j'ai surmonté mon nombrilisme, après tout qu'ils aient "adapté" mon prologue et qu'elle ait escamoté une scène qu'importe. J'ai mis mes préventions dans ma poche et je me suis forcé à revoir la pièce. Le pianiste [12] est génial, la réduction de Poulenc, dans sa sécheresse qui me rebutait face à la luxuriance de son orchestre, finalement aussi, et avoir comme fond de scène le bas du prodigieux 反響板 [13] en accordéon du 文化会館小ホール [14], cette admirable sculpture dans l'espace de Maekawa [15], est une grande émotion finalement. Et après toutes ces années, jusqu'à son français approximatif et ses raucités qui souvent m'indisposaient (et qui de toutes façons disparaissent largement dans cette sono qui souvent ne vaut pas mieux qu'un 78 tours), le vérisme et la sincérité de Mayumi [16] m'émeuvent aussi beaucoup. Je ne sais qui[17] disait que Denise Duval avait trouvé dans la Voix le rôle de sa vie (et loin de moi l'idée de comparer Mayumi à son incomparable devancière !), mais peu de cantatrices sans doute (et aucune Japonaise en tout cas ) ne se sont identifiées à ce rôle comme elle l'a fait, le chantant des dizaines et des dizaines de fois, jusqu'à ces toutes dernières années dans une édition japonaise de La Folle Journée. C'est elle qui m'a envoyé la chose hier, avec ces mots qui ne sont pas que de pure forme, c'est une dame âgée désormais : MichelさんとのLa Voix Humaineは、全て懐かしい思い出が一杯です。このような作品を私に与えて下さったことに、何より感謝致します。ありがとうございます [18]. Et en revoyant la chose d'une traite, je me suis souvenu de ce que je lui avais dit, à savoir que le voyage sur scène que je lui fais accomplir est comme un 道行 [19]. Elle aura su se montrer à la hauteur. 脱帽、感謝  [20]

Pardonne à ces divagations de plus d'heure.


2023/05/30 (火) 19:13


J'ai trouvé dans cette Voix humaine beaucoup de beauté. Curieuse œuvre qui hante, disparaît et revient.


Je n'ai pas écouté grand-chose d'autre alors que, comme souvent avec les quatuors à cordes, il faut passer à autre chose pour ne pas se laisser happer. Je dévore, ou plutôt bécote, le dernier livre de Marie Ferranti [21] qui n'est que musique et mélodies. Je l'ai même recommandé à Xavier Emmanuelli [22]. Il fallait oser. J'ose deux fois avec toi. C'est à ça qu'on me reconnaît.


2023/05/30 (火) 21:41


Je ne sais rien des polyphonies corses.

Heureusement que, là comme ailleurs, tu es là pour faire mon éducation !



2023/05/30 (火) 22:34


Je ne savais rien de ces polyphonies non plus avant les livres de Marie Ferranti.


Elles avaient été un temps à la mode, dans le genre dit « musiques du monde » entre les mystérieuses voix bulgares et les trompes tibétaines. J'y voyais un truc pour lecteurs de Télérama.


Je l'avais découverte par un livre, La Chasse de nuit qui, après la géniale Dorothy Carrington [23] était l'un des seuls à évoquer le mazzérisme [24].


Enfant, les Castelli père et fille, très proches de mon père m'avaient fait aimer la Corse. En parlant un jour avec Michel Vergé-Franceschi [25] qui m'avait félicité pour mon « Napoléon japonois », je lui ai demandé ce qu'il pensait des livres de Marie Ferranti.

« Admirables ! » Je me crus intelligent.


L'ouest de l'Irlande ou de l'Islande est moins envahi par un certain type de touristes qui m'ont longtemps fait renoncer à l'idée de revisiter l'Île de Beauté.


Au chapitre actualités :



2023/05/31 (水) 0:06


Sublime !


2023/06/02 (金) 21:01

Dis-donc, ils ont oublié d''être mauvais, ceux-là. Quand je pense que j'ai passé ma vie dans les 離島 [26] d'Okinawa et que j'ai jamais fichu les pieds chez eux...

Tu repars en France pour la conf sur les poupées (superbes) de cette dame ?


2023/06/02 (金) 22:09


J'écoute Shadow Kingdom de Bob D. Quel protéiforme génie dont on ne mesurera jamais les étranges profondeurs ni la résistance ! Ce passage en France et à Upsal en douze jours – je n'aime pas baisser les bras – sera éprouvant.


Je me souviens d'une chanson de mes vénérations cachées :




J'ai fredonné souvent quand j'habitais Kyoto :




Ça ne vaut pas nos folies, nos empyrées et nos Nobels, ni Okinawa, mais bien un pan de ciel.


Dernier concert de Léon, à Alexandria en 2012. Je ne sais pourquoi, alors que pour certains il faisait le clown, je sortis enchanté.


2023/06/03 (土) 20:05

Redbone ?

Je ne le connaissais même pas de nom, il est tout simplement formidable. Merci de continuer à faire mon éducation, admirable pédagogue que tu es.

De mon côté, qui n'a rien à voir, on a causé virtuosité l'autre soir avec David [27]. Bien entendu, la Mediterranean Sundance ne pouvait manquer d'en être.

Ni sans doute la version 33 du Tiger Rag de Tatum.

Le Paganini de Kogan est sans doute difficile à battre,

et ce Salieri de la Bartoli n'est pas mal non plus.

Ceci bien entendu en portant sa propre subjectivité en cache-col.

Che ti par, fratello [28] ?


2023/06/03 (土) 21:40


La virtuosité de ce trio-là en ferait oublier plus d'un. Même si Paco [29] tout seul reste l'inspirateur.



Un autre virtuose – deux avec la mandoline – dont j'avais acheté un disque pour le titre : Whisky Before Breakfast :




Qu'écrire sur Art Tatum de plus ?


Notre Pravda vespérale évoquait hier un baryton qui, ma foi, ne me laisse pas indifférent dans un répertoire où il y a déjà beaucoup d'élus et peu d'appelés :



2023/06/04 (日) 8:48


Étant actuellement sur tout autre chose, je suis tombé par hasard en fouillant dans mon "brolle" sur un article donné il y a quasi trente ans à la défunte revue Les Voix du lui-même regretté Alain Le Mat [30]. Je l'ai trouvé, tu me pardonneras cette complaisance à soi-même, formidablement bien venu (Je est un autre et le même à la fois), et je me permets donc de te l'adresser, il ne faut pas se priver des bonnes choses. Et j'ai passé une partie de la nuit à écouter avec ravissement Pol Plançon (1851-1914) : a-t-on jamais aussi bien chanté, et avec quel sentiment, Vi ravviso, o luoghi ameni (enregistré en 1903 !) ? Je passe sur l'air délicieux du Tambour-major qu'il a fait sien à jamais et promené dans les deux mondes accroché à ses illustres bacchantes. La qualité de la diction est prodigieuse, j'aurais dû ajouter un adverbe à mon titre : "À la recherche du chant (irrémédiablement) perdu".

À la recherche du chant perdu

J'ai toujours aimé passionnément le lyrique. Sans doute est-ce dû à un environnement familial qui faisait que j'écoutais avec ravissement durant l'enfance, et sans trop faire de détail, La Vie Parisienne et Boris Godounov, Mado Robin et Maria Callas. À dix-sept ans, je découvris Fischer-Dieskau, qui chantait Papageno dans un enregistrement de la Flûte enchantée dirigé par Böhm. Je conçus une véritable passion pour ce chanteur, qui me parut autour de mes vingt ans prouver que la perfection existe en ce monde. Et même si je suis peu à peu revenu aujourd'hui de mon enthousiasme exclusif le concernant, je n'ai jamais vraiment pardonné à Barthes (lui-même fin connaisseur du chant et élève de Panzéra) les traits acides qu'il lui décoche au nom du respect de je ne sais quelle littéralité du texte musical, qui se suffirait à lui-même et pour qui toute tentation interprétative serait de trop.

Vint dans ma vie la période japonaise : que je me sois intéressé au kabuki procède à l'évidence de mon goût pour l'art lyrique. Je tâtai par ailleurs de la mise en scène d'opéra, fasciné de voir des chanteurs se plier à mes injonctions et donner corps aux images que les oeuvres m'évoquaient : je crois n'avoir réalisé Le Mariage secret pour l'Opéra du Kansai que pour voir enfin de mes yeux ce chef-d'oeuvre de Cimarosa que l'on ne donne plus guère, et que Stendhal plaçait aussi haut que les grands opéras de Mozart.

Mes idoles demeuraient les vedettes de l'heure : Caballé, Cossotto, Domingo, Cappucilli, Ghiaurov pour citer un quintette au complet. Sans doute sottement enivré par les prestiges de la prise de son, je témoignais une ignorance crasse de tout ce qui avait précédé l'enregistrement sur microsillon.

C'est à Raymond Voyat [31], dont je fis connaissance à l'occasion d'une exposition de ses photographies à l'Institut de Kyoto, que je dois d'avoir pu mettre une couleur vocale sur les noms de Tetrazzini, de Kipnis, de Paghliughi, dont il tira pour moi quelques sillons de sa riche discothèque parisienne. Troublé par ces voix somptueuses qui me paraissaient surgir de je ne sais quelle préhistoire, je tombai par hasard peu après sur un coffret de deux CD réunissant des récitals d'airs de Mozart par divers chanteurs, tous placés sous la direction de Bruno Walter. L'un d'entre eux se trouvait être Ezio Pinza, et je conçus à vingt ans d'intervalle le même type de passion exclusive qu'autrefois pour Fischer-Dieskau. Pinza, qui avait débuté au début du siècle en Italie comme coureur cycliste et terminait sa carrière dans les années cinquante en jouant les latin lovers dans les comédies musicales américaines, avait été entretemps pendant une vingtaine d'années la première basse pour le répertoire italien au Metropolitan Opera de New York. Si sa voix n'atteignait pas aux abîmes que fréquentent les basses profondes, il était doué (un peu comme Raimondi aujourd'hui, mais là s'arrête la comparaison) d'une basse chantante qui lui permettait d'aborder les grands rôles de baryton mozartien, à commencer par Don Giovanni auquel le prédisposait son physique avantageux. Fasciné par l'humanité de ce timbre, dont il n'existe aujourd'hui aucun équivalent, je cherchai à en savoir davantage sur lui, passai des enregistrements commerciaux aux "lives", et me découvris soudain un intérêt de néophyte pour le continent englouti que je découvrais, et qui me révélait des partenaires magnifiques dans les représentations radiodiffusées auxquelles Pinza avait participé. C'est ainsi que je me retrouvai fouillant dans les bacs des disquaires de Tokyo, où je ratissais avec méthode les repiquages en CD, souvent soldés presque aussitôt que publiés, des trésors du chant italien et français de la première moitié de ce siècle : dans ces conditions, et avec l'accélération du temps, Pinza dura pour moi bien moins longtemps que ne l'avait fait Fischer-Dieskau, et ne put par exemple supporter longtemps la comparaison avec Pol Plançon, admirable basse colorature française dont les derniers enregistrements sont de ... 1908 !

Restait bien sûr à commettre l'irréparable : je tombai à Kyoto sur une bande de maniaques sublimes comme il n'en existe qu'au Japon, qui consacraient leurs loisirs à disserter sur les mérites comparés des aiguilles en métal et en bambou pour passer (à raison d'une par passage) des 78 tours d'avant l'autre guerre sur des gramophones pleurétiques. N'ayant pas moi-même la fibre technique, je manifestai un intérêt limité pour ce que mes nouveaux amis baptisaient du nom de "hard" (nous dirions : le matos), mais conçus (une fois de plus !) un enthousiasme fatal pour ce qui relevait plaisamment dans leur vocabulaire du "soft", à savoir les enregistrements eux-mêmes. Et une fois de plus je brûlai les étapes...

Je ne tardai pas en effet à m'apercevoir que les disquaires spécialisés (on trouve vraiment de tout au Japon) proposaient généralement des enregistrements électriques de la période 25-50, qui n'offraient de différence fondamentale avec les microsillons que leur vitesse de rotation. En revanche les acoustiques du premier quart de siècle me paraissaient posséder un charme irrésistible, jusque dans la conception graphique de la rondelle centrale, et les platines modernes susceptibles de les passer rendaient justice à des qualités d'enregistrement parfois surprenantes de présence et d'immédiateté.

J'en suis là. J'écoute la plus illustre des Carmen, Emma Calvé (née en 1858...) comme si elle était dans la pièce, et les nouveaux dieux auxquels je sacrifie ont pour nom Caruso (on s'en serait douté), Pol Plançon (déjà nommé), Mattia Battistini ("La Gloria d'Italia"), Tita Ruffo ("La Voce del Leone") : heureuse époque que celle où des artistes pouvaient se voir décerner de tels qualificatifs, lesquels nous paraissent d'ailleurs, à les écouter près d'un siècle plus tard, être le moindre des hommages que l'on pouvait accorder à leurs moyens prodigieux et à leur immense talent.


2023/06/05 (月) 18:04

La Gloria d'Italia dans ses oeuvres.


Une autre a raccroché ses crampons aujourd'hui :


2023/06/06 (火) 13:51


Je n'ai que quelques minutes de pause déjeuner pour répondre tant mon ciel est lourd et chargé. J'espère pouvoir dans la semaine te raconter – au fil de mes souvenirs – pourquoi je suis tombé dans l'art lyrique. Ce dont je me rappelle avec exactitude, c'est que l'idée de vouloir jouer d'un instrument de musique m'est venue quand mon père au début des années 1970 était envoyé pour des missions par l'armée française qui finissaient, très souvent, sur les bords du lac de Constance pour les vacances – j'y fais allusion ou presque dans les secondes épreuves de mon petit article sur les loups et les ours, ainsi qu'à d'autres souvenirs de la région. Le kiosque à musique et l'île sur le lac restent associés à ce goût comme quelque lieu magique dans L'Enfant et la rivière ou Le Grand Meaulnes.


Au lycée, je suis déjà assez enthousiaste d'opéra pour ne pas m'intéresser, sinon par conformisme de l'anticonformisme, au rock et aux musiques populaires. Je ne dois le jazz qu'à mon grand-père paternel. J'eus le piano et le clavecin pour partage, ma sœur la flûte traversière et le ballet. Elle avait sans doute plus de dons que moi, mais n'était pas passionnée de chant.


Ce n'est rien de somptueux comme l'article des Voix. Mais j'espère pouvoir écrire la suite. J'ai été amusé parmi tant de noms formidables de trouver Raimondi qui, comme tu l'écris, a été, un temps, dans toutes les oreilles et que l'on écoute plus.



La suite plus tard.


2023/06/07 (水) 21:05



Je suis toujours un peu moulu mais, comme toi, certaines personnes me hantent avec un agrément que le partage augmente encore.



Alfred le Pédagogue : son humour est à la hauteur de son génie. Qui oserait cela aujourd'hui ?


J'ai revu une version dite director's cut du troisième volet du Parrain : nul. Je ne souvenais plus de la pesanteur de la superposition de la mort de Jean Paul I et de Cavalleria Rusticana. Là où Scorsese reste un génie, Coppola, comme tant d'artistes n'était déjà plus que sa propre parodie en 1990. Que dire en 2020 ?


2023/06/08 (木) 0:13


Je serai plus libre dès demain pour répondre à ces vraies gloires italiennes. Quant à Ibra : moi, j'ai toujours été plutôt fan du type dans sa démesure.


Je viens de faire une autre mauvaise pioche : The Many Saints of Newark. Trente minutes m'ont suffi. Je n'étais pas un inconditionnel des Sopranos mais j'avais fini par voir la série entière à Washington. Il n'y a même pas la curiosité intellectuelle. Même le dernier volet de Coppola m'a amené à regarder l'histoire de ce pape disparu. J'avais onze ans et ne me souvenais de rien. Le colloque de décembre 2021 à Rome m'avait valu de loger à une résidence pour les hommes d'église.


2023/06/08 (木) 0:33


J'allais corriger en ecclésiastiques. J'y avais parlé du vocabulaire des religions du Japon dans les sources ibériques et fini, lettre a, par le mot akuma et Akutagawa [32]. Je concluais en disant que, partis les Jésuites, le Prince de ce Monde [33], était rentré... à Rome. Cela avait eu l'heur de plaire et de faire rire. J'y achetais dans la librairie à côté de Saint-Louis- des-Français la nouvelle édition de Dante en Pléiade.


Je clos ce volet italo-vaticanesque avec cette anecdote.


Je reprends mon bâton de pèlerin musical vendredi après une soutenance en ligne demain.


2023/06/08 (木) 23:10

Le colloque de décembre 2021 à Rome m'avait valu de loger à une résidence pour les hommes d'église.

Diable ! C'est vivre dangereusement...

Quant à Ibra : moi, j'ai toujours été plutôt fan du type dans sa démesure.

5 sur 5 Miroska ! C'est quand même lui qui a dit à ses fans en guise de mot d'adieu : You wanted Zlatan, I gave you Zlatan. Now go back to watch baseball.


2023/06/09 (金) 0:31


Ibra immense. Tout tient dans cette phrase. Haaland lui ressemble en blond mais il manque la démesure.


La salle de lecture de la Vaticane ramène le mot « lettré » à sa juste disproportion. C'est un de mes grands souvenirs après la Herzog August Bibliothek [34] –j'y ai parlé – parmi les hauts lieux livresques que j'ai fréquentés. La résidence était aussi spartiate que sublime et une exposition aux Scuderie del Quirinale me vit trois jours de suite en une année anniversaire.


Un colloque indiquant que les langues latines – italien, portugais, espagnol et français dans le désordre – comme le latin ne requièrent pas de traduction donnait un lustre supplémentaire aux débats.


2023/06/09 (金) 20:05


Je suis fasciné par l'expo, et le fabuleux poster me confirme la fascination qu'exerce sur moi l'oeuvre de Franz von Stuck, dont j'avais vu Die Sünde à Münich, inoubliable souvenir.

Has, has, Mephisto !


2023/06/09 (金) 20:17


Tout est là. Encore une fois nous n'avions pas répété.


Sophie Basch [35] fait grand cas de Loti. Moi, le personnage me dégoûte tant que je ne sais que penser.


Anniversaires, anniversaires...



Une échine qui cherche les frissons :



2023/06/09 (金) 20:29

Tout est là. Encore une fois nous n'avions pas répété.


Je sais. C'est inimaginable.


Sophie Basch fait grand cas de Loti. Moi, le personnage me dégoûte tant que je ne sais que penser. Certes. Encore que sans Un Bal à Yeddo il n'y aurait pas 舞踏会 [36].

Pour le reste ça prendra un peu plus de temps...


2023/06/10 (土) 9:45


Quand Tokyo faisait l'histoire de l'opéra.

Et certes j'enchanterai tes yeux et tes oreilles

2023/06/14 (水) 14:13


Tu l'auras appris dans les journaux ou sur la toile. Cormac McCarthy, l'un des écrivains qui a compté le plus pour moi vient de mourir.


Il m'avait fait envoyer son dernier livre – deux volumes fin octobre –, mais j'avais dû répondre que j'étais à Helsinki avant de rejoindre Paris, où deux autres tomes de l'édition anglaise m'attendaient.


Je l'avais rencontré en 1992, 2003, 2006 (chez lui).


2023/06/14 (水) 16:33

Je sais combien il t'était cher, et m'associe à ta mélancolie.

D'où m'écris-tu : de l'Archipel ? du Septentrion ? de l'Hexagone ?

Étrange mode de communication qui ne révèle pas d'où on parle.

Il vaut mieux éviter de dire n'importe quoi n'importe quand,

en revanche on peut le faire n'importe où.


2023/06/14 (水) 17:57

Je suis resté ici. Je n’en pouvais plus de ces voyages-éclair. Je préférerais répondre que j’écris d’El Paso [37].


2023/06/19 (月) 0:16


J'ai fini de visionner la finale du Top 14, suivie nuitamment sur mon portable par intermittences.


Le Stade répond aux nouveaux riches rochelais par de la résistance et un éclair de génie historique pour finir signé du fils de Milou [38] !


Les belles et bonnes nouvelles ne courant pas toujours les rues, cela fait du bien.



Certains barytons ne sont pas enrhumés.


2023/06/19 (月) 9:12

Un autre exploit de l'intéressé.

Par ailleurs, tu as fait ma soirée avec le Père Ñougaro que je ne connaissais que par l'hymne à Toulouse, et qui se révèle un superbe baryton de grand répertoire, curieusement vériste dans l'air du Prince Igor, et formidablement chantant (et d'une clarté de diction remarquable) dans l'air d'Escamillo.


2023/06/25 (日) 6:16

Écouté la version piano de l'Abschied du Lied von der Erde (un disque déjà ancien, 1990, de Fassbaender, avec Cyprien Katsaris). Les interprètes ne sont pas en cause (même si Fassbaender à cinquante balais bouge déjà pas mal), mais la luxuriance de l'orchestration, fondamentale dans cette pièce sublime, est totalement perdue, surtout dans le passage central purement symphonique. C'est comme si on avait pris une radio du truc Au fond, la qualité du pianiste mise à part, c'est ce que la chanteuse entend chez elle quand elle répète la chose pour elle-même. Pas concluant...


2023/06/26 (月) 15:16


J'ai passé l'après-midi avec Lili et Nadia Boulanger. Je ne suis pas très familier de toute cette œuvre, malgré une dilection particulière pour un morceau de l'infortunée Lili, "D'un soir triste", mais tout ce néoclacissisme est superbe et, assez souvent, avec des échos straussiens.



2023/06/26 (月) 22:44


Haunting piece, je comprends le goût que tu as pour elle.

Je ne connaissais absolument pas.

Ça ne ressemble d'ailleurs à rien de connu.

Je me la suis passée et repassée avec ivresse dans le silence de la nuit, il y a quelque chose d'addictif dans cette musique,.


2023/06/27 (火) 1:00


Je suis beaucoup plus familier de Mademoiselle et regrette de ne pas avoir été des Élus qui entendirent ses « concerts privés », y compris à Dumbarton Oaks –lieu sublime où j'allais presque toutes les semaines quand j'habitais Washington– mais je ne connais que très mal sa sœur. Étonnante musique en effet. Compositrice à 20 ans avec une sorte de ténébrisme sorti de Fauré : voilà qui n'est pas banal et qui aurait décidé Nadia à ne plus composer. Comme un clin d'œil :



Quelle famille ! Le père ramènerait au temps de Balzac...


2023/06/27 (火) 13:28

Et la mère...



...à celui de Tchaïkowsky !




2023/06/27 (火) 15:16


Le père avait beaucoup écrit. Le temps a fait son office.




[1] Rue pittoresque du vieux Tokyo. [2] Peintre, illustrateur et poète japonais (1884-1934). [3] Fleur d'une nuit, poème de Takehisa Yumeji, musique de Ono Tadanori (1917). [4] Ri Kôran, chanteuse et actrice japonaise (1920-2014). [5] ou thé Oolong. [6] Déesse chinoise de la mer. [7] Manfred Eicher (1943- ), fondateur d'ECM Records. [8] The Banshees of Inisherin, film de Martin McDonagh (2022). [9] Importante salle d'opéra et de concert à Tokyo. [10] L'Université Nationale des Arts de Tokyo, qui réunit une Faculté de Musique et une Faculté des Beaux-Arts, est le principal établissement d'enseignement artistique du pays. [11] Michel Wasserman, Mozart à Kyoto (Les Indes savantes, 2008). [12] Yoshiaki Ôshima. [13] Mur acoustique réfléchissant. [14] La salle de récital de Bunka Kaikan. [15] Maekawa Kunio (1905-86), le principal disciple japonais de Le Corbusier. [16] Mayumi Nakamura. [17] Bernard Gavoty. [18] Je n'ai que des souvenirs nostalgiques de La Voix Humaine que j'ai faite avec vous, Cher Michel. Je ne sais comment vous dire ma reconnaissance de m'avoir confié une telle oeuvre. Merci infiniment. [19] Le voyage vers la mort qu'accomplissent les amants tragiques des pièces de théâtre de marionnettes du grand dramaturge Chikamatsu Monzaemon (1653-1725). [20] Chapeau bas et reconnaissance. [21] Écrivaine française d'origine corse (1962- ) [22] qui a effectué à la fin mai 2023 un voyage d'information au Japon sur la prise en charge de la fin de vie. [23] Écrivaine anglaise (1990-2002) installée en Corse, à laquelle elle a consacré l'essentiel de ses ouvrages. [24] Croyance corse en un don de prophétie funèbre accompli en rêve. [25] Historien français de la Corse (1951- ). [26] Les îles de l'archipel à l'exclusion de l'île principale. [27] Le fils de Michel. [28] Que t'en semble, mon frère ? [29] De Lucia. [30] Alain Le Mat( 1942-2020), longtemps établi à Kyoto où il enseignait à l'Institut franco-japonais du Kansai, y publia pendant de nombreuses années un périodique franco-japonais trimestriel intitulé Le Clebs, puis Les Voix. [31] Interprète de conférence, écrivain, photographe et artiste lyrique (1935- ). [32] Le grand romancier Akutagawa Ryünosuke (1892-1927) a écrit plusieurs textes de fiction faisant intervenir le Diable (akuma). [33] À savoir le Diable. [34] Fondée en 1572 à Wolfenbüttel (Basse-Saxe). [35] Professeur à la Sorbonne (1963- ), spécialiste de l'orientalisme littéraire. [36] Dans "Le Bal" (Butôkai), nouvelle d'Akutagawa (1920), l'un des personnages évoque le texte des Japoneries d'Automne (1889) où Loti décrit sa visite à la salle de bal construite par le gouvernement de l'ère Meiji pour favoriser les contacts entre les notables japonais et les dignitaires étrangers de passage. [37] Cormac McCarthy y vécut plusieurs années. [38] Émile Ntamack et son fils Romain sont des gloires du Stade Toulousain.

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