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2023/11/02 (木) 22:24  ~ 2023/11/08 (水) 10:38  

 

2023/11/02 (木) 22:24  

 

Longue conversation l'autre jour avec mon pote Magnus Robach [1] sur Bergman, qui ne fut décidément pas prophète en son pays : ringardisé (comme Barrault du reste)  par le mai 68 local qui le considérait (à 50 balais) comme un homme du passé, et supplicié par le fisc qui le met plus bas que terre et le conduit, quasi sexagénaire, à un exil de dix ans en Allemagne. Le Silence, que je viens de me faire pour la première fois depuis soixante ans (!) est décidément un impérissable chef-d'oeuvre, 

 

 

et j'ai déjà repéré de quoi me faire une cure du Maître sur You Tube. 

 

 

2023/11/03 (金) 0:43 

 

Bergman, l'un de nos maîtres, était humilié chez lui hier et proscrit aujourd'hui par la police de la pensée – mort au kvinnokarl [2] ! – et des mœurs partout ailleurs. 

 

En dehors de ses propres documentaires, il y a une série d'entretiens bouleversants « chez lui » à Fårö – cette Elbe baltique – que je n'arrive pas à retrouver. 

 

Je te suis volontiers dans cette exploration. 

 

 

La suite demain.

 

 


2023/11/03 (金) 10:10  

 

C'est comme l'accomplissement d'un voeu. 

Les ressources que nous fournissent You Tube sont inimaginables, d'ailleurs les Folies ne seraient pas sans cet inconcevable trésor.  

J'avais toujours rêvé, en vain bien sûr, de voir Vers la joie (Till glädje), le film du jeune Bergman sur la Neuvième. 

Je l'ai trouvé hier soir sur le net, j'achève ce matin de le visionner. 

C'est un épouvantable mélo, mais il mèle tant de choses qui nous sont chères. 

Sjöström y est magnifique, Magnus me disait l'autre jour que Bergman avait eu beaucoup de mal à diriger ce monument. Je n'aurai garde d'omettre d'ajouter les Fraises sauvages à ma (re)quête. 

Tu me pardonneras, mais j'ai cru me revoir (dans la fosse du Théâtre du Palais Royal)  dans le petit garçon du dernier plan (1h38'55"). 

 

 

 

P.S.  Est-ce illusion de voir un caméo de Bergman dans l'homme de la salle d'attente à 57'10"? 

 

 

2023/11/03 (金) 12:31 

 

J'ai plutôt le sentiment que l'avènement de YouTube est venu pallier la défaite définitive du cinéma comme forme d'art. Je me suis demandé à quand remontait ma dernière expérience de voir des films de Bergman dans une salle. C'était à Washington en 2012. J'avais revu Le Septième sceauLes Fraises Sauvages – chef-d'œuvre absolu que le titre français ne parvient pas à restituer, l'expression signifiant aussi mon endroit préféré, mon lieu préféré, mais c'était impossible –, Le MagicienSilence, mais manqué Persona et nombre d'autres films. Mais déjà il s'agissait en quelque sorte d'un ciné-club pour les membres de la Smithsonian et de la National Gallery. Je vais me remettre à l'ouvrage avec Ansiktet et tes suggestions

 

L'idée de ne plus pouvoir voir ces films sinon à Fårö lors de festivals – autant dire jamais – me contrarie ; elle coïncide avec les sueurs froides que j'éprouve désormais à écrire des articles sur des sujets dont la teneur, finalement, en quelques clics, pourraient être appréhendée par le moindre habitué du clavier. Un exemple, lié à Ingmar. Max von Sydow avait pour père Carl Wilhelm, l'un des plus grands folkloristes suédois issus d'une famille de Poméranie. Celui-ci, par le truchement de versions allemandes, a inspiré Yanagita Kunio [3] (qui ne le mentionne bien sûr jamais), sans doute par des résumés faits par des petites mains. 

 

J'ai acheté à Stockholm, snobisme de voyageur, l'an dernier le texte du Septième Sceau pour lequel Bergman avait composé des préfaces.  C'est en visitant des églises où le conduisait son père qu'il avait découvert une scène où le mort [féminin en français] joue aux échecs. Le monde médiéval m'a attiré pour des raisons similaires : le culte des images.

 

C'est aussi le premier film de lui que j'ai vu.

 

Je trouve le site suivant épatant pour les recherches virtuelles :

 

 

 

2023/11/04 (土) 11:32  

 

Prodigeuse interview, réalisée quand on y songe au moment peut-être le plus noir de sa vie, et rien n'en transparaît que le miracle de sa création. Au fond, il est aussi notre jeunesse, et revenir à ses films c'est un peu comme revisiter nous aussi le coin aux Fraises sauvages. 

 



2023/11/08 (水) 10:38  

 

Au fond du trou, après un mois jour pour jour, cette belle citation de Romain Rolland (que l'on attribue souvent à tort à Gramsci), relevée au cours d'un talk show sur France Info : "Il faut savoir allier le pessimisme de l'intelligence à l'optimisme de la volonté". Vaste programme...

Qui n'a rien à voir (encore que pour le Dies Irae...) : j'ai revu Le Septième Sceau et les Fraises sauvages, avec le même enthousiasme qu'au temps de mes seize ans. Je ne sais pourquoi (ou je sais trop bien, c'est selon) la scène du Dies Irae du Septième Sceau m'évoque toujours le Domine, Domine salvum fac de Boris dans le fameux enregistrement de Golovanov (avec Koslovsky) rapporté de Moscou quelques années auparavant par ma soeur.  

J'ai revu aussi (après tant d'années) l'intégrale de La Flûte par le Maître. Sentiments mélangés : Papageno, les Trois Dames, les enfants dans la nacelle, les délicieuses peluches, le Dragon rigolo, tout cela est formidable, mais dès que l'on tombe au deuxième acte sur Sarastro en Amfortas et les épreuves initiatiques prises carrément au sérieux, cela devient tout simplement impossible. Je n'aurais jamais eu la possibilité de monter la Flûte avec ma troupe (trop de rôles), mais je comprends aussi pourquoi je n'en ai jamais eu envie non plus.  




[1] Diplomate suédois (1952-), ancien Ambassadeur à Tokyo (2014-19).

[2] L'homme à femmes.

[3] Folkloriste japonais (1875-1962).

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