2025/09/07 (日) 19:02
- wmt02379
- Dec 18, 2025
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Updated: Dec 21, 2025
2025/09/07 (日) 19:02
Formidable interview en français d'Andrè Schuen, qui parle donc toutes les langues, y compris son délicieux ladin [1] (à prononcer à l'entendre "ladine") d'origine. Il revient notamment sur sa jeunesse que nous avons tant admirée ici, à commencer par les chants de son pays qu'il partageait avec sa famille de musiciens de village dans ces admirables Dolomites.
Dommage que l'essentiel de cette interview consiste à l'entendre dire tout le mal qu'il pense (à juste titre) de la mise en scène aberrante, sinistre et malsaine dans laquelle il est contraint de se produire dans le Don Giovanni d'Aix-en-Provence, cuvée 2025. Mise en scène de je ne sais quel théâtreux britannique qui fait un sort en le prenant à la lettre au lazzi de Leporello ("Chi è morto, voi o il vecchio ?"), s'amuse donc à faire de Don Giovanni et du Commandeur un seul et même personnage (?!), le Commandeur ayant bien entendu, air du temps, violé Donna Anna encore enfant, puisque "sua passion predominante è la giovin principiante". On croit rêver, ou plutôt cauchemarder.
C'est un plaisir quoi qu'il en soit de saluer la maturité de cet admirable chanteur dont nous avons souvent salué dans ces modestes colonnes le parcours vers la gloire barytonale version allemande et l'héritage tant convoité du Maître des maîtres [2]. Ainsi de ces pages de janvier 2023, après qu'il se soit attaqué au Chant du cygne :
2023/01/17 (火) 11:35
Quel bonheur de revenir à ce jeune chanteur qui avait illuminé des pages déjà anciennes de nos Folies. C'est magnifique (quel Doppelgänger !),
même si cela ne va pas parfois sans une certaine pose, et comme un enivrement de sa propre splendeur vocale. Mais il a le temps de vieillir !
En fait le problème est toujours le même : comment survivre à celui de qui, dans ce répertoire, on n'ose pas même prononcer le nom ni le réduire à ses initiales ? Pour une fois cependant, on semble rencontrer une alternative crédible, dans une approche tout autre et avec des moyens très différents. Et au moins, on ne peut pas reprocher à Schuen de manquer de ce que certains (dont je ne suis pas) firent tant grief à qui nous savons de n'avoir pas reçu en partage, l'italianità :
Sans compter que le français et la splendeur vocale de Oh quand je dors...
...font rêver de Nuits d'Été que l'Ombre sublime n'aborda hélas (au disque) que dans cette unique mélodie en version allemande, mais avec quel inégalable génie :
J'ajoutais le lendemain que, chantant le Comte des Noces au Staatsoper en mars, et Wolfram à Unter den Linden en avril, il donnait envie de voyager.
[1] Le ladin est, comme son nom l'indique assez, une langue romane parlée par une trentaine de milliers de locuteurs dans les Dolomites, autour de Cortina d'Ampezzo . La plupart des ladinophones parlent également italien et allemand.
[2] Fischer-Dieskau.
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