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2025/10/07 (火) 18:18~2025/10/25 (土) 8:23

  • wmt02379
  • Dec 18, 2025
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Updated: Dec 21, 2025

2025/10/07 (火) 18:18

Les Folies françaises ont déjà leur propre histoire, c'est aussi pourquoi je ne pouvais tolérer qu'elles disparaissent corps et biens : dans l'avant-propos de la livraison du printemps 2002, j'écrivais la chose suivante :

Voici donc la quatrième mouture de nos Folies. Nous sommes décidément d'incorrigibles (mais polythéistes) idolâtres, plaçant chacune de nos livraisons sous l'invocation d'une déesse nouvelle : après Lucia (Popp) et Anneliese (Rothenberger), notre guest star est cette fois la sculpturale et glamour Eleanor Steber, monstre de perfection.

 

Nous lui consacrâmes un large portrait : avec ses faux airs de Gene Tierney, elle domina la scène lyrique nord américaine dans les années quarante et cinquante. Américaine, précisément, tous les répertoires se valaient pour elle, elle était à son aise dans toutes les langues, ne se spécialisant fondamentalement dans rien (Mozart peut-être in fine,quand Callas et Tebaldi furent venues lui disputer au Met le grand répertoire italien ?). Tout est formidablement classe, maîtrisé, sans doute travaillé au millimètre. Je ne lui connais pas d'équivalent. En Europe quoi qu'il en soit elle ne peut en avoir.

Elle est restée célèbre notamment pour le "marathon recital" de 1958 à Carnegie Hall qui attendait en pièces détachées sur la toile qu’on le reconstitue, voilà qui est fait (voir plus bas). On me pardonnera de me citer[1]. La diva n’en était pas à son premier test d’endurance, s’étant appuyé cinq ou six ans auparavant, sans y avoir été contrainte par je ne sais quel remplacement au pied levé, Desdémone en matinée et Fiordiligi en soirée ! Comme le rapporte le Time du 18 février 1952,

By 5:30, after an hour and 15 minutes of singing Desdemona, she was back in her dressing room. She rested for half an hour, then downed a 1-lb. sirloin and a glass of champagne, while her hairdresser built up her pompadour for Cosi. After an hour's nap, she changed into hoop skirts, and adjusted her mind from the tragic 15th century Desdemona to the gaily artificial 18th century Fiordiligi. That done, she went to the piano, vocalized on scales for ten minutes, sang a few warm-up bars from Cosi. By curtain time at 8:15, she was ready.

In the second half of her personal doubleheader, she sang one of the most technically difficult roles in opera, and sang it as cleanly and brilliantly as she had on Cosi's first night. At 11:30, after eight curtain calls, Soprano Steber got back to her dressing room and poured herself another glass of champagne.

 

La parution en CD (1992) du “marathon recital” du 10 octobre 58 inspire la même incrédulité admirative au critique Henry Fogel (Fanfare) :

What astonishes as one listens to these live-performance recordings is that sense of complete comfort with the bel canto line of Bellini, the delicate filigree of Charpentier’s LOUISE, the force of Strauss’ music for the Empress in DIE FRAU OHNE SCHATTEN, and her mastery of coloratura, including a superb trill at the end of ‘Qui la voce’. Everything that defines great singing is present here : impeccable intonation, flawless rhythm, beautiful tone even from top to bottom, seamless legato, force of personality, variety of vocal color appropriate to the text, and crisp diction. Some items might surprise even the experienced listener. Steber made her reputation to a large degree in Mozart, so the stylistic and technical comfort she displays in the three Mozart selections are no surprise. But many not expect the stylistic rightness of the Puccini choices, or the appropriate scaling down of her resources for German Lieder.

 

Voici donc ces reflets d’un âge d’or. Je constate que nous sommes en octobre 58. Deux mois plus tard, Callas donnera à Garnier le fameux récital, agrémenté en seconde partie de la représentation en forme du deuxième acte de Tosca avec Gobbi et Albert Lance. La chose, que je vis bien des années plus tard à Iwanami Hall, détermina ma période callassophile. C’était le temps des divas…

 

Récital du 10 0ctobre 1958

 

 

Alleluia (Exsultate, jubilate)

 

Zeffiretti lusinghieri

 

Martern aller Arten

 

Villanelle

 

Le spectre de la rose

 

Absence

 

Au cimetière

 

L’île inconnue

 

Qui la voce

 

Ist mein Liebster dahin ? (Frau ohne Schatten)

 

Vater, bist du’s? (id.)

 

Knoxville : Summer of 1915 (Barber)

 

Ernani, involami

 

Song (Bitcliffe)

 

Depuis le jour

 

Vissi d’arte

 


Le marathon recital de la Steber me rappelle aujourd'hui un autre tour de force, celui réalisé le 24 mars 2008 à Paris par Cecilia Bartoli pour le 200ème anniversaire de la Malibran à laquelle elle vouait une passion mimétique.

La chose eut lieu à Pleyel : cela commençait à 11h du matin par un "Salon romantique" pour voix, violon et piano avec Repin et Lang Lang, on continuait à 15 heures par une version "mise en espace" de Cenerentola avec le Philhar dirigé par Adam Fischer, et on terminait à 20h45 par un concert symphonique (dir. Chung) auxquels s'associaient à nouveau Repin et Lang Lang. Le principe était de ne donner que des pièces liées à la carrière fulgurante de Malibran, morte des suites d'une chute de cheval à 28 ans. Chose curieuse du fait de la participation du Philhar de Radio France et de l'intérêt du projet, il ne reste pratiquement rien de ces trésors, et l'on doit se rabattre sur les extraits du concert symphonique de programme identique, ou sensiblement, donné le 4 novembre 2007 au Palau de la Musica de Barcelone.

 

 

Sur Pleyel, au matin... (Philippe Ponthir, Forum Opéra)

 

Les luxueux Antipasti della Signora Bartoli…

Pleyel plein comme un œuf… de Pâques dès 9 heures du matin, il est des grands messes pour lesquelles, on se lève volontiers. Une dernière pensée compatissante pour les dizaines de doux rêveurs, devant la billetterie, pour leur hypothétique espoir d’arracher un sésame indisponible et on s’engouffre dans Pleyel. On est fermement porté par une marée humaine qui s’impatiente depuis des semaines à l’idée de l’événement. En un instant, une fois assis, le public évacue ces ondes stressantes et palpables dues à l’attente. Derniers moments pour une ambiance sereine et concentrée. D’inévitables questions vous traversent l’esprit. Est elle en forme ? Comment va t-elle gérer l’inhumain ? Que nous réserve t-elle ? Quelles… Mais déjà, là voilà. Elle s’élance dans un superbe ensemble fuseau noir et blanc que nous ne lui connaissions pas encore. Délicieusement lacée dans le dos, elle est très en beauté et visiblement heureuse d’être là. La salle entière lui offre une vague d’énergie, Cecilia l’accepte, elle qui va tant et tout donner aujourd’hui.Un premier bouquet de mélodies italiennes nous démontre avant tout que la Signorina Bartoli n’a aucune réticence à chanter le matin. Dès la première phrase, émission, stabilité vocale et respiratoire sont en place. Cecilia appuie son art sur une technique superlative et adaptée à ses moyens. Ces premières notes rassurent sur ce que sera la qualité vocale de la journée. Cette qualité, Bartoli ne va pas s’en dépareiller de la journée. 

 

Je n'oublie pas quant à moi que si Malibran n'en fut pas la créatrice elle fut la grandissime interprète des chefs-d'oeuvre de mon bien aimé Bellini.

 

Casta diva

 

Come per me sereno (sublime !)

 

Et comme nous n'avons pas d'enregistrement par Cecilia du Romeo des Capuleti (qu'elle a bien sûr à son répertoire), on confiera à Janet Baker l'ineffable "Deh tu" (à emporter aur l'île déserte), chanté sur ce que le héros croit être le tombeau de Juliette.

 

 

Pour ma part, j'avais donné comme unique indication aux deux délicieuses mezzos que j'avais distribuées dans  Romeo en 2012 et en 2018 qu'elles me chantent cet arioso comme si leur vie en dépendait. Elles ne me déçurent pas.

 

De Bartoli à 26 ans, ce formidable concert au Chantier naval Opéra d'Antibes en 92. L'air de Sémiramis !

 

 

Et en guise de dessert, ce qui, même pour elle, constitue sans doute le sommet de la virtuosité (Théâtre des Champs-Élysées, 2000) :


 

 

2025/10/22 (水) 15:34

 

Ce n'est donc pas un secret : j'ai un faible pour les mezzos légers. Ça tombe bien, nous en avons une délicieuse chez nous ces jours-ci : la petite Crebassa, du moins quand elle n'est pas trahie par un metteur en scène inepte et un chef aux ordres, 

 

 

et se tirant plutôt tout à son honneur de l'aria di bravura placé par Gluck en guise de dessert, à la fin du I de la version de Paris d'Orphée,

 

 

tandis qu'elle émeut dans l'air merveilleux du Roméo et Juliette de Berlioz, ciselé pour elle par Gatti.

 

 

Poursuivons les enchantements :

 

Bailero

 

Oh, boy !

 

O petite étoile

 

Que fais-tu, blanche tourterelle

 

Voyez dans la nuit brune 

 

Parto, parto

 

Pupille amate

 

Il tenero momento 

 

Non so più

 

Voi che sapete

 

 

2025/10/24 (金) 23:20

 

Je retombe ce soir un peu par hasard sur Galina Kovaleva, que je découvris autrefois avec émerveillement dans l'air délicieusement orientalisant de l'invocation au soleil, dans le Coq d'or de Rimsky.

 

 

Si la divine Lucia[2] pouvait avoir une rivale, sans doute serait-ce Kovaleva. La pureté comme cristalline du timbre et la perfection de l'intonation sont rien moins que miraculeuses, comme extra-terrestres. 

 

Fiancée du tsar, air de Marfa

 

Russlan, cavatine de Ludmila. Tout ceci est à tomber.

 

Et avant de se relever, au cas où on retomberait...

 

Caro mio ben

 

Pietà signore

 

Ombra mai fu

 

Le violette

 

Lusinghe più care

 

Come scoglio

 

Casta diva

 

Regnava nel silenzio

 

Певица. О творчестве Галины Ковалевой (1972)

(Chanteuse. Sur l'art de Galina Kovaleva).

 

 

Entre autres merveilles,  formidable air du Nil[3], touchante scène de la folie (une autre !) de la Fiancée du tsar, et a-t-on souvent entendu pareille scène de Saint-Sulpice[4] ? Curieux d'ailleurs comme la traduction en russe ne gêne pas dans ce répertoire, alors que l'allemand est souvent insupportable.

 

 

2025/10/25 (土) 8:23

 

Me relisant au matin, je constate que les "arie antiche italiane" de Kovaleva ne peuvent que me renvoyer à l'enregistrement immortel qu'en fit  Pinza en 1940, et que je me repassai avec ivresse dans les années bénies de l'Institut de Kyoto (86-94). La chose est faite, écrivais-je ici-même en août 2022, "dans un studio sans écho qui donne l'impression que l'artiste est dans la pièce. À quarante-huit ans, sa voix sans doute trop fréquemment sollicitée a prématurément perdu de son éclat, mais précisément cette sorte de cendre qui s'y est déposée donne à l'ensemble le caractère comme crépusculaire d'une confidence murmurée. Un disque unique".  

 

 


[1] Folies françaises, 2022/04/23 (土) 8:03.

 

[2] Popp.

[3] d'Aida. Surprenant pour une colorature lyrique. Une assoluta...

[4] de la Manon de Massenet.

 
 
 

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