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2026/06/03 (水) 10:47~2026/06/04 (木) 11:20

  • wmt02379
  • Jun 14
  • 3 min read

Updated: Jun 14


2026/06/03 (水) 10:47

 

Je tombe par hasard sur Marina Rebeka, la Norma de la reprise de 2025 à la Scala après cinquante ans pour purger l'ère des divas qui furent authentiquement des déesses, dans l'Addio del passato du dernier acte de Traviata, un da capo sublime dont je n'ai jamais compris pourquoi on ne donne quasiment jamais le second couplet. Ce n'est heureusement pas le cas en l'occurrence.

 

 

Je ne sais pourquoi non plus, sans doute la manière d'étreindre le pauvre bout d'étoffe à quoi elle se cramponne,  elle m'a rappelé dans l'intériorité et l'expression de la douleur nue le Rachel quand du seigneur immortel de Shicoff au Staatsoper.

 

 

Exceptionnelle intériorité de ce chanteur, sans doute liée à ses origines cantorales. 

 

 

Le chant comme un  acte de foi ?

 

Kuda, kuda

 

E lucevan le stelle

 

Carmen, duo final

 

La Carmen genre rêve de pierre de la Baltsa donne envie d'y aller voir de plus près. Karajan, qui s'y connaissait, sur la fin n'en voulut pas d'autres dans le rôle.

 

Habanera

 

Seguedille

 

Chanson bohème

 

Air des cartes

 

Formidable Eboli,

 

 

 

tous comptes faits, assoluta :

 


 

 

Et en guise de requiem pour Karajan (elle chanta en réalité celui de Mozart pour le concert en question, Cathédrale de Salzbourg 23 juillet 89) :

 

 

                                                    

2026/06/04 (木) 11:20

Je me suis amusé ce matin à effectuer une petite recherche sur l'air de Valentin, dont je me souvenais confusément qu'il avait été rajouté par Gounod à la demande du baryton Charles Santley à l'occasion d'une représentation londonienne de Faust, cette vedette ayant refusé de chanter un rôle limité à quelques interventions, et privé d'aria. Comme bien souvent, je constate que j'avais à la fois raison et tort (c'est déjà mieux que d'avoir entièrement tort), c'est à dire que Santley avait chanté en fait dans une première série de représentations la version originale de l'oeuvre, et donc du rôle, mais que ce n'est qu'à la suite de cette première collaboration qu'il exigea de Gounod l'ajout d'un air pour une reprise l'année suivante. Gounod s'exécuta, se bornant d'ailleurs à extraire à cet effet de l'ouverture une mélodie singulièrement chantante. Toutefois, l'opéra étant alors donné en traduction anglaise, le texte de l'air de Valentin que nous connaissons est donc en réalité... une adaptation de la version originale anglaise de l'aria. 

Autre surprise : Santley, que l'on imagine volontiers drapé dans une forme de raideur victorienne, n'est encore (1864) qu'un jeune chanteur (29 ans), mais il va garder sa voix, et effectuer en 1903 une série d'enregistrements dès l'invention du procédé : son "Non piu andrai", chanté presque sans soutien vocal apparent, témoigne sans doute autant des moyens tout de même diminués d'un chanteur âgé (mais on sait que les barytons peuvent conserver leurs moyens vocaux jusqu'à un âge relativement avancé),  que d'une conception du chant pré-vériste qui vise avant tout à privilégier jusque dans l'émission une forme de naturel. 

 

 

Deux choses pour finir : l'air dans sa version originale anglaise, "Even bravest heart may swell", par un baryton britannique de la haute époque, Thomas Chalmers (1915),

 

 

et quand même, nous l'avons mérité,  l'air de Valentin que nous aimons tous, dans ce qui est sans doute, langue et vocalité, son interprétation insurpassable, à savoir Ernest Blanc dans l'enregistrement Cluytens de 54 avec Los Angeles, Gedda et Boris Christoff. La chose amusante est que l'orchestre est celui de l'Opéra de Paris, qui jouait Faust quasi tous les deux jours [1] amputé de l'aria en question, puisque l'Opéra, nous l'avons vu, s'obstina bizarrement jusque dans les années 1970 à ne pas insérer ce corps étranger dans les représentations, et qu'Ernest Blanc était donc sans doute alors un chanteur trop important pour être distribué à la scène dans le rôle privé de son aria emblématique.

 




[1] Je me souviens des affiches du Palais-Garnier sur les colonnes Morris de mon adolescence, disons dans les années 60-65 : Faust y alternait généralement avec Tosca, donné bien entendu en français...

 
 
 

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